Coups de coeur

Published on novembre 26th, 2016 | by MagMozaik

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Ivresses d’orient

Naser Zein Elarab, exquise personne aux palettes de talents virtuoses nous accueille à la galerie des Corsaires. Bien que partageant sa vie entre la France et Le Caire où il est né, cette artiste délicat aux flamboyances de paix, tout en cérébralité et recueillement, semble désemparé dans ce lieu et cette froideur hivernale. Mais la langue anglaise et ma passion pour l’Egypte aidant, le courant passe vite entre nous deux. Il m’invite à m’assoir dans un fauteuil, s’accroupit, me prend les mains et me raconte le sens profondément harmonieux et humaniste de la culture, philosophique avant tout, du soufisme qui ne s’épanouit jamais autant qu’à travers les danses et les musiques des « derviches tourneurs ».

Petit retour en arrière sur le parcours de cet homme d’une sensibilité aigüe et rare qui ne parle, comme bien des égyptiens, que pour ne dire que l’essentiel, le fondamental de  l’être humain et de son rapport au cosmique ou à une forme d’entité supérieure quelque soit la religion où elle s’exprime. Originaire du Caire, son cheminement ne laisse d’étonner par la complexité harmonieuse des cordes à son arc. Des études musicales à l’institut de Musique Arabe et au Centre Culturel Italien du Caire, puis une spécialisation dans le domaine multimédia chez Microsoft le portent contre, ou avec, toute attente vers une carrière de peintre et de musicien enchaînant expositions et concerts en Egypte et à l’étranger (Londres, Hong Kong, Oslo, Berlin, Grèce, Chypre, USA……).

Au coeur de sa démarche d’artiste et d’homme profondément inspiré, Mevlana Celaleddin Rumi, le plus important poète mystique de l’islam du 13ème siècle, fondateur de la congrégation  soufi de Mevlevi, des derviches tourneurs. Basés sur les textes de Mevlana, Naser Zein Elarab a développé des parties musicales, visuelles et dansées. Son inspiration est directement en rapport avec les informations que l’on a pu retrouver sur la vie de cette communauté au 13ème siècle. Et de fait, Naser m’explique doucement comment fonctionne cette magie rituelle qui, à partir de gestes de transe, permet à l’esprit de transcender en volutes incendiées le corps pour atteindre le spirituel dans toute sa plénitude, où après sept tours vous ne voyez plus les visages mais juste les âmes autour de vous. C’est puissant, évident, comme sa peinture, ses sonorités éblouissantes et ses danses virevoltantes dans un désordre et une frénésie très étudiés à l’instar des danses rituelles africaines ou haïtiennes. Un monde de spiritualité apaisante, paradoxalement, à découvrir d’urgence avant le 3 décembre aux Corsaires!

Galerie des Corsaires, 16 rue Pontrique à Bayonne de 15h00 à 19h00 jusqu’au 3 décembre.

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Mathieu CLERC

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