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Published on octobre 16th, 2016 | by MagMozaik

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Hendaia Film Festival: Une clôture ébouriffante!

Ce vendredi soir s’achevait le 4ème Hendaia Film Festival avec un palmarès de haute qualité conforme à nos choix et nos attentes. Le superbe documentaire “Nola” de Fermin Muguruza lui succédait, illustrant une troublante concordance, voire résonance entre la culture musicale identitaire de la Nouvelle Orléans, comme ciment majeur de reconstruction d’une communauté libre et fière, et celle de notre Pays Basque. Et puis la fête enfin, libératoire, jubilatoire, aux sons de Cumbiam’Bero jusqu’au bout de la nuit, soirée de tous les partages, de tous les échanges, de toutes les humanités!

Emotion au rendez-vous en cette soirée de clôture dont tous les festivaliers attendent le palmarès, chacun ayant néanmoins le sien en tête! Une foule nombreuse, enjouée et une Angela fébrile. Pourtant la belle mécanique de la découverte, de la pertinence, de l’impertinence caustique et vraie, de la drôlerie grinçante, de la poésie, des consciences réveillées, bousculées, interrogées, chavirées pour davantage de tolérance, de partage, de métissages culturels et d’humanité généreuse, s’est plus que jamais inscrite en ce merveilleux creuset de convivialité où s’affinent, s’affirment et se cisèlent tous les talents de demain. Edouard Manet, président- à vie , précise-t-il, avec une pointe d’ironie lourde de sens,  puisque cubain et comme le sont par essence tous les présidents d’Amérique Latine – replace le court métrage à sa juste place: Un exercice ardu où, en quelques minutes précises, calibrées, tout le talent des jeunes cinéastes consiste à illustrer un propos concis en des formes créatives incisives comme des coups de poing virtuoses sans temps mort, format oblige! Une cérémonie quelque peu désordonnée, certes, mais exubérante et spontanée. L’occasion pour les jurés d’improviser en quelques joutes fines, burlesques et complices, une proclamation des résultats très attendue et qui correspond en tous points à nos propres choix. Mais comment reprocher à cette fabuleuse équipe du festival ou à ses bénévoles qui se donnent tant, avec passion, conviction profonde et grande rigueur, de se relâcher un peu – si peu- sur scène quand on sait le travail extraordinaire de rigueur, de disponibilité et de grand professionnalisme accompli, non seulement sur 3 jours, mais toute l’année de préparation?

Mais entrons dans le vif du sujet! Côté compétition internationale, le verdict tombe. Deux premiers prix ex aequo, “Crétinos” de l’espagnol Edu Moyano ou comment prendre en otage un candidat au suicide et dans le même registre de l’absurde et du manque de communication, “Error 404” de l’argentine Mariana Wainstein, qui plonge une société en plein chaos à la suite d’une panne d’internet! Comment communiquer? Comme avant! Deux petites pépites jubilatoires de non sens qui nous font redécouvrir l’humain! Deux mentions spéciales pour “Le Libraire” de Cédric Martin que nous avions adoré pour sa dénonciation des appauvrissements culturels et “Cuerdas en la vida” du mexicain Gerardo Gonzales ou comment s’affranchir des censures et interdits qui musèlent la liberté d’être des peuples avides de connaissances, symbolisés par des cordes de marionnettes. Un petit bijou d’animation à voir et revoir sans cesse! Le prix de la musique revient à “Crétinos”. Diaryatou Daff se voit consacrée pour sa performance de “Lurna” et Bastien Bouillon pour son interprétation de “Guillaume à la dérive”.

Côté Aquitaine Euskadi, l’histoire et les combats, souvent excessifs, de l’identité basque s’arrogent une place de choix avec “Dantzariak” d’Axier Salazar qui met en cause les douloureuses actions/réactions de l’ETA. Il remporte les prix du meilleur scénario en langue basque et des interprétations féminine et masculine avec Mabel Rivera et Ramon Ibarra. “5 Segundos” de David Gonzalez Rudiez raffle la mise en une étonnante tentative de réconciliation d’un couple. 2 mentions spéciales honorent “Lost Village” de George Todria dans un registre fantastique et “I said i would never talk about politics”, film d’animation d’Aitor Onederra.

Un palmarès sensible et intelligent qui place décidément au coeur de nos réflexions la communication nécessaire et urgente entre les hommes.

Avant que ne commence la fête rythmée par Cumbiam’Bero dans les succulences du traiteur Mikel, projection de l’extraordinaire documentaire de Fermin Muguruza, “Nola” comme une passerelle de résistance entre deux cultures aux racines, convictions, combats et quêtes identitaires très fusionnelles. D’Irun à la Nouvelle Orléans, un émouvant voyage où l’homme qui sait chanter est un homme libre et où la musique est un terreau de reconstruction de communautés blessées, exploitées, grugées en contexte de catastrophes naturelles. Nola? Acronyme pour Nouvelle Orléans, Louisiana mais aussi Comment en basque!

On vous laisse découvrir en photos et video la fête conviviale jusqu’au bout de la nuit…Un grand merci à Agela Mejias, ses partenaires, ses bénévoles, Begiradak et les Pompier Solidaires pour cet événement désormais incontournable de la conscience humaine

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Mathieu CLERC et video Philippe SIRET

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