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Published on octobre 14th, 2016 | by MagMozaik

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Hendaia Film Festival: Un vent de partage

Trois expositions étonnantes et incisives au centre culturel Mendi Zolan donnaient, jeudi 13 octobre à 18h00, le top départ de l’Hendaia Film Festival opus 4 que nous suivons avec passion depuis 2014. A 20h00, Cinéma Les Variétés, Kotte Ecenarro, maire de la ville inaugurait les projections officielles du festival en présence des membres des 2 jurys, International et Aquitaine Euskadi. Petit retour sur une soirée flamboyante, exempte de langue de bois!

Artistes au coeur de l’émotion

Trois artistes très différents mais unis par le fil rouge de démarches humanistes, sensibles et interactives dans leur manière d’impliquer les visiteurs, soit directement en interventions imaginatives sur les oeuvres mêmes, soit indirectement par les sujets traités, sources de mémoires humaines. Seul plasticien du trio, Guillaume Valle, dit Ouchini, biarrot mais résolument hendayais d’adoption imprime ses univers en abstractions colorées mais néanmoins subtiles et délicates. Mais là où d’autres créateurs se contenteraient d’exposer des oeuvres inédites sur cimaises, il propose au public de participer à la réalisation des tableaux. 2 toiles sont posées à l’horizontale sur des supports, à hauteur accessible, sous des dispositifs qui permettent un goutte à goutte d’eau raffiné, invitant chacun à intervenir au coeur de la composition des oeuvres, comme autant d’acteurs impliqués dans le processus artistique. Surprenant, magique et jubilatoire quand on sait la distance souvent imposée entre l’artiste et son public !  Des installations dont le résultat, aléatoire et collectif, se dévoilera en fin de festival. Une fragile expérience sensitive qui inscrit nos émotions et nos envies sur la trame même des toiles. Magistral de créativité et de partage d’univers pluriels. Un artiste magifique et tachiste à suivre de près!

A ses côtés, deux photographes aux belles densités dont le grain des épreuves saisit au vol les fragiles humanités. Julio Irisarri a construit sa carrière éblouissante sur les champs de la mode et du corporatif, surfant sur les réseaux sociaux et les commandes de professionnels du commerce ou du voyage. Là, il revient aux sources de son enfance, en un périple plus intimiste, introspectif et poignant sur la trace des paysages rugueux, pudiques, minéraux et tout en fierté ombrageuse retenue où son imaginaire s’est développé. Un travail en noir et blanc, très troglodyte, où les jeux d’ombres et de lumières explorent bien des cavernes de son village palpitants de mythes et légendes à la dimension de l’enfance. Un parfum de nostalgie saisissant, aux aspérités sublimées par un objectif aux regards abrupts et doux à la fois.

Autre univers avec Philippe Herbet, infatigable voyageur poétique , hanté par les visages et le verbe, conjugués à l’infini. Ici, il sertit en écrin de mots volcaniques les « Filles de Tourgueniev », flamboyantes jeunes femmes russes insaisissables, pudiques et naturelles tout en passions fières, introverties et incandescentes de liberté. Une délicatesse qui confine à la pureté romantique pour capter ces jeunes femmes actuelles, hors du temps et dans leur temps, déterminées, authentiques et brûlantes. Des jeunes femmes résistant à tous les éphémères, les paraître de leur époque, de leur société, comme idéalisées dans leur intemporalité sublimée, imprévisibles, mais pourtant bien réelles. Une série d’oeuvres incandescentes que l’artiste publie aujourd’hui en un ouvrage (Editions Bessard, Paris) où documents et textes liés à ses rencontres cisèlent des visages furtivement happés.

Le ruban bleu est coupé!

A peine le temps, rare, de s’immerger dans ces univers raffinés et somptueux, qu’il nous faut rallier le cinéma « Les Variétés » pour découvrir la brochette riche et diversifiée de jurés talentueux sélectionnés cette année et plonger nos regards, nos esprits, au coeur des premiers courts métrages en compétition dont les thématiques fortes réveillent et secouent nos neurones et consciences citoyennes. Le ruban bleu cisaillé, devant une foule impatiente et avide d’images gravées hors des sentiers battus, les spectateurs s’engouffrent dans cette salle pleines de souvenirs à la Grimaud dont l’un des petits films nous rappellera avec humour et délectation le bel oiseau légendaire.

A la barre en maître de cérémonie, Abdel, magnifique incarnation de Brel et petit chouchou des habitués du festival, dont nous attendons – Et oui! on a vraiment insisté!- quelques belles chansons improvisées en clôture du festival. Toujours aussi virevoltant, gentiment caustique et tendre, il titille quelque peu Angela Mejias qui ne se privera pas non plus, avec son franc parler vrai, de houspiller un peu le maire de la ville sur les efforts à faire pour rendre tous les lieux de culture accessibles aux personnes handicapées. Petit bout de femme – Pardon Angela – mais grande pour sa défense sans relâche des métissages culturels, des partages, des tolérances et des minorités ethniques, linguistiques et sociales sur tous les fronts de la culture, de l’art et du nécessaire quotidien !

Les jurés ? Tout en intelligence, luminosité, humanité, pluridisciplinarité et curiosité sensible ! ( Voir notre article http://www.magmozaik.com/un-festival-des-humanites/). Hormis le film d’ouverture hors compétition de Zouhair Fartahi, cinéaste couronné l’an dernier, « Dessin de l’âme », dont la pertinence nous laisse quelque peu sur notre faim, 10 courts, dont quelques petits bijoux d’impertinence, d’actualité brûlante, de poésie  pure et de drôlerie acide  jaillissent ! Difficile de choisir… Chacun a son style, sa signature propre, son format particulier, de la fiction incisive à l’animation stigmatisant les violences, censures et absurdités de nos sociétés ou de climats politiques effroyables. Petits coups de coeur pour 6 d’entre eux aux créativités et propos bien différents dont nous aurons l’occasion de reparler lors de la remise des prix très certainement avec d’autres… Nous vous préparons notre propre palmarès made in Mozaik!

Une fin de soirée chaleureuse et précieuse en échanges et rencontres, comme sait les organiser Angela Mejias au Kanttu, formidable espace d’accueil aux belles saveurs goûteuses où se retrouvent artistes, réalisateurs, producteurs, acteurs, membres de l’organisation et de Begiradak, jurés aux mille accents et virtuosités, photographes, personnalités et autres journalistes, heureux de pouvoir ainsi faire leur travail en toute confiance!

Aupa Hendaia Festibala ! Demain samedi, le palmarès tant attendu avec de nouveaux trophées de belle facture créative. Des prix qui propulsent souvent de jeunes talents vers des productions plus ambitieuses et lancent les films en langue basque de la sélection Aquitaine Euskadi dans le circuit dynamique d’une diffusion pertinente et spécifique dont les rouages s’affinent et se renforcent d’année en année.

Pour toutes infos: www.hendaiafestival.com

Voir aussi Immanquable Catherine CLERC Sur la Semaine du Pays Basque, n° du 14 octobre

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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