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Published on décembre 9th, 2017 | by MagMozaik

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Etes vous « Green » ou « Black »?

Que de déchainements plus ou moins bien argumentés, ou conformes à l’exactitude historique, déferlent sur les réseaux sociaux ces derniers temps à vous filer une solide indigestion entre partisans et adversaires d’un consumérisme que chaque période d’agapes excessives ne manque pas de dresser les uns contre les autres, tels des coqs sur leurs ergots!

Certes, avouons-le, je n’apprécie guère cette débauche obligée dont l’impact le plus nocif reste tout de même de gréver bon nombre de maigres budgets pendant plusieurs mois au nom de cette fameuse trêve des confiseurs qui, par un effet curieux et tenace de vases communiquants assèche radicalement un coquet chapelet de ménages dits moyens, au point qu’on en redoute des semaines à l’avance l’échéance fatale du tiroir-caisse! Ah mais c’est qu’il faut plaire aux enfants – la belle excuse!- parce que ma bonne dame dont on voit poindre l’anathème et l’entonnoir rabat-joie, c’est Noël, parce que c’est le jour de l’an, parce que c’est la chandeleur, parce que c’est carnaval, parce que c’est Pâques, parce que c’est la fête des mères…Euh oups! Non là l’alibi enfants ne fonctionne plus..Quoique! Ils sont tellement heureux d’offrir – par on  ne sait quels lavages de cerveaux propres à éradiquer certains relents pétainistes – à leur mère des cadeaux qui serviront à toute la famille, en cuisine ou pour le ménage, ben tiens! Bref, vous l’aurez compris, je déteste le fêtes imposées! Oh bien sûr, je m’émerveille devant tant de lumières somptueuses et créatives qui drapent nos villes en tenues de soirées étincelantes, ébouriffantes. Certes, bien des événements authentiques m’émeuvent, comme nos carnavals basques, nos charivaris, notre Olentzero, nos lâchers de lanternes très onéreuses, ces courses du bout de l’an et tous ces trésors festifs d’animations culturelles, musicales, artistiques, éducatives, sportives ou gastronomiques que savent avec virtuosité imaginer toutes nos villes, en une compétition effrénée de fin d’année ou lors de fêtes calendaires. Que c’est vibrant toutes ces réunions de famille sans aucune imagination où le linge sale se déballe devant la dinde farcie aux marrons… « Rhooo tu sais pas? le cousin Ernest, il est au chômage! Regarde le frimer comme si de rien n’était ce freluquet! Remarque vu ce qu’il s’engouffre il doit pas tous les jours manger hein? ».. « Non! Je le crois pas ! Ton mec a osé inviter la grue de ton père tsssss ». Que de joyeuses et saines retrouvailles après une année où personne n’a donné signe de vie à personne. Et puis, tellement sportif ce slalom entre ces tonnes de victuailles sous vide ou industrielles et ces piles de jouets vertigineuses qui vous clament haut et fort que les garçons sont des héros qui vont sauver le monde et les filles…belles pour aller danser, en pimpantes tenues de princesses …Le tout sous les yeux exorbités de pauvres parents qui osent à peine déchiffrer les prix à 3 chiffres et celui des enfants insolents, intenables, capricieux qui, faisant semblant de croire encore, à l’heure du numérique et des réseaux sociaux, à l’existence du Père Noël, susurrent en un regard à vous faire fondre « Tu crois qu’il m’amènera ça, ça, ça …et puis ça aussi maman???mmmm?? » Après le slalom, le marathon ne s’arrête hélas pas là!!! Après l’épreuve des bousculades où c’est forcément votre faute, les caddies pleins à ras bord laissés nonchalamment devant le rayon qui justement vous intéresse, vient l’horreur du passage en caisse où vous vous retrouvez coincé entre deux chariots démentiellement remplis quand vous culpabilisez de n’avoir que deux ou trois articles de nécessité, style papier hygiénique ou encres d’imprimante!

Alors oui, mille fois oui, en ces instants précis, je m’évade loin vers ces fêtes que j’aime, que je décide d’organiser quand bon me semble, impromptu, quand l’envie me prend de partager de vrais instants de convivialité entre amis…Loin vers ces soirées où chacun cuisine, apporte sa bonne bouteille, son gâteau, sa conserve maison, sa joie de vivre et son plaisir de se retrouver ensemble à dire des choses qui font sens pour nous, même futiles, surtout futiles et si légères, si précieuses et rares, mais quand il le faut, là où il le faut, à point nommé. Une divagation douce qui nous ramène à la question cruciale: Comment concevez-vous la fête? En green ou en black, en mille complicités ou en stress aigü ? Une bonne fois pour toutes j’ai décidé que les nuits des miennes seraient bien plus belles que leurs jours, tout en vraie élégance et un parfum subtil d’amitiés uniques. C’est au fond si simple de ce ciseler ses propres fugaces moments de bonheur choisi. 

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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