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Published on juillet 17th, 2014 | by MagMozaik

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Errobiko Festibala : du Jazz à la Pastorale Urbaine

Vous êtes plutôt jazz et musique traditionnelle ? Alors allez faire faire un tour à Itxassou dés ce soir pour la 19ème édition d’Errobiko Festibala, qui ouvre avec un duo Michel Portal-Bernard Lubat, et se clôturera dimanche par une “Pastorale urbaine”, création inédite de l’association Ezkandrai.

apaoli@magmozaik.com

Durant ce temps sacré des festivals de l’été,  cette année encore, Errobiko Festibala nous surprend par son éclectisme et son originalité avec une programmation qui met l’accent sur la transversalité, les créations basques, les rencontres et les métissages artistiques,  là où on ne les attend pas. Le cadre enchanteur de l’Atarri sur les hauteurs du village d’Itxassou, accueillera jusqu’au dimanche 20 juillet de nombreux artistes pour des rencontres inédites autour du jazz, du flamenco et des musiques traditionnelles. Les journées sont ponctuées de rencontres, d’itinérances “au prés des artistes”, et de conférences.

Créé en 1995 par le chanteur et musicien Beñat Achiary, Errobiko Festibala se veut un espace des rencontres et de créations artistiques sans frontières  :”La création artistique sera comme toujours au coeur de notre festival, rassemblant des artistes locaux et d’ailleurs, mêlant les langues basque, gasconne, espagnole, grecque et française… provoquant des rencontres entre artistes de tous horizons, entre artistes et publics de toutes générations… liant tradition et improvisation, jazz et musiques du Tout-Monde. La pastorale qui exalte les cerises, l’amour partagé et la solidarité, en sera le point d’orgue, portée par plus de cent acteurs, chanteurs, danseurs et musiciens.”

La Txalaparta, une onomatopée poétique

La soirée de ce jeudi 17 ouvre avec le duo Ttikia eta Handia, maîtres incontestés de cette étonnante pratique musicale propre au seul Pays Basque.”Txalaparta, c’est le son qu’on reproduit sur cet instrument si primitif et si moderne qui n’a même pas de nom : 4 épaisses planches de bois, de différentes essences, et sur lesquelles les musiciens, face à face, frappent de leurs bâtons. L’instrument est femelle, mais son chant est mâle.” Txalaparta, c’est aussi une onomatopée poétique qui évoque le galop du cheval. C’est le rythme de base à partir duquel les musiciens vont pouvoir se livrer aux plus acrobatiques improvisations, le rythme sur lequel ils se retrouveront pour repartir vers de nouvelles escapades. Et c’est ainsi une époustouflante polyrythmie et polyphonie qu’ils parviennent à tirer, tout en subtilité, de ces quatre planches de bois.

Enjazzons-nous

Puis le Boson Septet jouera un jazz frais, solide et aventureux, nourri déjà d’itinéraires puissants et de talents créateurs. Le groupe de Julen Achiary ( percussions et voix) est composé de sept musiciens et musiciennes. Sept qui s’enchevêtrent, mêlant leurs plumes mélodiques,  se donnant et s’abandonnant à une musique personnelle, jazz velouté, moderne, dense et fugitif.

Enfin,  cerise (d’Itxassou ) sur le gâteau de cette première soirée, deux amis d’Errobiko, deux monstres sacrés du jazz et de l’improvisation, Michel Portal-Bernard Lubat. Ils nous embarquent dans leur houle musicale et poétique. Du paso-doble au tango, de Mingus à eux-mêmes… pas un port dont ils ne hument les épices. On ne présente Lubat, l’explorateur Gascon des langages poétiques et musicaux, qui a créé il y a 40 ans le Festival d’Uzeste. Saxophoniste et clarinettiste de renom , Michel Portal est à l’origine avec quelques autres du mouvement Free en France. Il crée le “Michel Portal Unit” qui accueille les musiciens européens et américains privilégiant l’improvisation libre. Sa musique jouissive, véhémente, lyrique, inventive, interrogative est une perpétuelle remise en cause de l’humain et des structures. Il est également compositeur, notamment de bandes originales de films et téléfilms.

Les Sud…à voix nue

Vendredi 18,  la soirée est consacrée au flamenco et l’on pourra découvrir les maîtres du genre avec Nino de Elche et Raul Cantizano. Nino  explore le cante flamenco, sans répit depuis ses 15 ans. Mais son univers est vaste comme le monde et il développe une passion pour la poésie. Originaire de Séville, diplômé des Beaux-Arts, Raul Cantizano est aujourd’hui l’un des guitaristes flamencos les plus reconnus de la scène sévillane ; il garde à coeur le désir de croiser les esthétiques et les disciplines avec, par exemple, la création d’un spectacle («Bulos y Tanguerias», croisant flamenco, poésie, et performance théâtrale.

beatiho Groupe

Benat Achiary présentera avec Ghylaine Renaud le projet Beatiho, une création autour de la poésie mystique, présentée pour la première fois à Arles en 2010.G. Renaud est chanteuse auteur et compositrice ; son répertoire est constitué de chants et récits
du répertoire populaire d’Occitanie ou inspiré de celui-ci et plus largement du pourtour méditerranéen. Ensemble, ils ont chanté les poèmes de Jean de la Croix et de Thérèse d’Avila. Beatiho est le terme provençal qui désignent les boîtes vitrées confectionnées par les nonnes au XVIII et XIX eme siècle en Provence.Aujourd’hui considérés comme des oeuvres d’art populaire, ces objets de dévotion étaient en leur temps de véritables oraisons manuelles, un prolongement de la prière. Le livre-disque Beatiho paru aux éditions Actes Sud (www.actessud.fr) en 2012 a reçu le coup de coeur de  l’Académie Charles Cros.

http://www.dailymotion.com/video/xf0hn4_beatiho_creation

Du Pays basque à la Grèce

Samedi 19,  place aux chants basques souletins … Xiberua, la Soule, c’est là que se trouve le trésor des chants, la richesse des influences les plus fécondes… Les nouvelles générations sont au rendez-vous et nous offrent leur moisson, avec Amaren Alabak. Elles chantent depuis leur enfance la tradition des femmes de la Soule en Pays Basque, leur terre mère, des histoires de mort et d’amour joliment racontées qu’elles chantent pour ne jamais les oublier. Chants de lavandières, berceuses, ou pastorales, chants de veillées où résonnent de vielles histoires des villages alentours. Ces 6 jeunes chanteuses nous touchent par la profondeur des sentiments exprimés et leur énergie hautement communicative !

Puis à partir de 22h, la chanteuse grecque Angélique Ionatos contera l’amour, les errances voyageuses ou immobiles avec cette chaleur qui étreint dès les premières notes de guitares. Angélique Ionatos a ce pouvoir magique de faire sentir que tous, sommes les enfants de la Grèce. Une voix grave, profonde, venue des entrailles, les siennes et celles de la Grèce, nous donne sentiment que, dans sa bouche, toutes les chansons deviennent des sculptures sonores. Chanteuse, guitariste et compositrice A. Ionatos est née à Athènes qu’elle a quitté à l’âge de 15 ans. Elle vit en france depuis 1982. Depuis son premier album “Résurrection” qui a obtenu le Grand Prix du disque de l’Académie Charles Cros, la chanteuse a enregistré 18 albums en composant sur des textes des plus grands poètes grecs.

angélique Ionatos © Lauren Pasche

Le souffle de la Pastorale Urbaine

En point d’orgue de cette 19 ème édition, EF présentera à partir de 10h30 sa Pastorale Urbaine, “le Temps des cerises” , Gerezien Denbora. Elle a été Présentée pour la première fois le 29 juin dernier au port de Bayonne, dans les Forges de l’Adour. Ici, au Pays Basque, qui parle de pastorale évoque la Soule, la montagne, l’intérieur du pays. Et c’est bien là où s’est maintenu vivant ce trésor culturel : un théâtre ritualisé de langue basque, d’une grande profondeur, porté par des générations, des villages, à la fois témoin mais aussi réactivant l’énergie de vie des populations montagnardes. À chaque représentation, le village qui décide de faire une pastorale, met en effet en oeuvre et vérifie les ressorts essentiels de ses énergies de vie, magnifiés dans cette oeuvre artistique.

_MG_4614Si le village est désuni, si la langue se perd, si le chant et la danse ne se pratiquent plus, elle ne peut se faire. Elle plonge ses racines dans la ruralité, et le monde des bergers, mais avec le Temps des Cerises, elle vit aussi dans le monde urbain d’aujourd’hui, dans l’histoire post-industrielle du pays basque et du Sud des Landes. Pour finir, elle sera aussi urbaine par son style qui, s’il garde le cœur de la pastorale souletine, s’inspire de la scénographie actuelle du théâtre contemporain et des arts urbains apparus ces dernières années.

Tarifs d’entrée par soir :  13 € en prévente et  15 € sur place.

Tarif réduit chômeurs, étudiants. Pass festival 39 €

Plus d’infos  sur le site  www.errobikofestibala.fr

http://www.ezkandrai.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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