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Published on mars 5th, 2017 | by MagMozaik

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Echos de liberté, échos du Mali

Le Mali, terre de traditions et cultures ancestrales dont nous suivons les luttes pour la liberté de se dire et d’être depuis des années sur les traces inventives d’Adama Traoré, grand agitateur de neurones par le biais d’un théâtre populaire itinérant très présent dans les villages, Acte 7.

Le Mali, peuple outragé, meurtri, saccagé souvent mais toujours debout grâce aux chaines de solidarité entretenues depuis des années avec l’association Amitié Anglet Kona qui, à travers les spectacles caritatifs du Théâtre du versant, s’efforce de financer d’importants programmes d’aide à l’éducation des femmes et à leur protection dans un contexte où règne la violence et la négation des femmes. Une maison commune bâtie, des fonds alloués contre les violences faites aux femmes ou leur scolarisation ? Voilà quelques pierres posées là où tout reste encore à construire dans la paix et à travers la culture, cette arme ravageuse à laquelle nulle barbarie ne peut, ne sait, s’opposer autrement que par la brutalité.

Il y ces étudiants angloyes ou d’Ansbach mobilisés pour l’édification de cette maison de toutes les libertés, de toutes les tolérances, accueillis par Ibrahima Campo, chef de Kona. Il y a cette troupe de théâtre qui inlassablement fait ressurgir une culture coutumière profondément ancrée dans l’âme malienne en de multiples actions ou festivals. Il y a ce jumelage de coeur et d’actes entre Anglet et Kona toujours plus dense et déterminé. Et puis il y a ces femmes maliennes, superbes artistes, qui se dressent en chants et notes contre un quotidien d’abjections. Des « Amazones d’Afrique » qui, loin de réduire leur combat à l’affrontement simpliste entre sexes, tendent la main aux hommes dans une égalité humaniste qu’elles revendiquent haut et fort, juste pour détruire quelques tabous nocifs, sources de violences et d’intolérances, et tordre le cou à l’ignorance, source de bien des injustices et des oppressions anachroniques.

Ces Amazones là se vivent en talents musicaux et partitions virtuoses pour mieux faire résonner leurs clameurs de vie, leur identité digne des femmes africaines. Leurs armes? Des voix sublimes, des chants flamboyants, des instruments subtils et complexes, telle cette kora si difficile à maîtriser. Elles se déclinent en mode concerts à 7, somptueuses artistes célèbres maliennes, mettant leur talent et leur renommée au service de causes identitaires justes, gorgées de résistance à ce qui avilit les peuples africains, qu’il s’agisse du post colonialisme ou de l’islamisme actuel, tout aussi destructeurs l’un que l’autre d’une afriqu’attitude insolente et créative, de racines qu’aucune doctrine radicale ne peut éradiquer. Dans le sillage d’un Salif Keita, symbole emblématique du droit à la différence par son statut d’albinos, Kandia Kouyaté, Mariam Doumbia, Mamani Keita, Mousseina Tandina, Rokia Koné, Mariam Koné et Pamela Badjogo repeignent la grand salle du Quintaou aux couleurs de l’espoir et de l’indépendance dans un tourbillon de sons et de couleurs, véritable ode à la joie de vivre libre. Engagées, elles le sont, pour un peuple en marche pour défendre sa belle culture.

Théâtre Quintaou d’Anglet, 14 mars, 20h30, de 22 à 32 euros.

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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