Coups de coeur

Published on septembre 27th, 2017 | by MagMozaik

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Des humanités vagabondes

Magnifique épopée poétique et analyse socio-historique livrée au fil d’un fleuve de vie, le Magdalena, par Nereo Lopez et Gabriel Garcia Marquez. Toute l’âme d’une peuple, la Colombie, dans son quotidien flamboyant, ses paysages luxuriants et ses transformations s’y reflètent dans des eaux majestueuses qui irriguent de sud au nord le pays.

Toute une fougue fière en jalonnent le cours ou en sillonnent les eaux à bord de navires à cheminées si lourds d’une humanité transportée qu’ils en chavireraient presque. Des bâtiments dont les capitaines, bravaches et autoritaires ont l’âme de ces corsaires d’eau douce si prompts à assaillir ces ports que sont les escales an plein coeur d’un territoire grouillant de vie. Vie d’un peuple aride, pauvre et besogneux dont la sueur et la moiteur imbibent les rives qu’effleurent des passagers dont on sait d’où ils viennent, où ils vont, plongés loin dans leurs songes, leurs itinéraires, leurs soucis, dans une fulgurance d’instants saisis au vol, d’instants d’un temps arrêté, ou qui se meurt pour un autre en subtiles évolutions qu’esquissent tout en finesses les mots de Garcia Marquez pour mieux dire les maux.

Tout le pouvoir, ou l’impuissance, des uns et des autres se lit dans la forme du chapeau ou de la casquette, symboles sociaux évidents et si dérisoires en même temps. Sur les quais, des pans de vie se déroulent en instantanés pluriels d’un pays aux mille visages aux mille réalités sociales, économiques et culturelles, en effervescences fiévreuses. Sur les rives, la vie paysanne reprend ses droits en quelques langueurs solitaires ou indifférentes aux bouillonnements des ondes fluviales. Un fleuve dont le rythme prend le pouls de ses divers territoires traversés comme une saignée ou une fracture abrupte, immuable et pourtant si changeante, charriant les vies multiples de tant d’anonymes que l’objectif surprend ou apprivoise peut-être? Petits bijoux que ces clichés ciselés au fil de l’émotion, au fil de l’eau, sourde de tant de secrets, de tant d’existences simples et reflet impitoyable de conditions humaines fragiles, douloureuses.

L’exposition présentée ici nous rappelle toute la complexité mouvante et néanmoins créative de l’Amérique Latine, dans ses moiteurs et désespoirs – ou espérances- incandescents de luminosités multiples et de ferveurs humaines. Elle fut présentée à la Bibliothèque Nationale de Colombie à partir des archives de Nereo Lopez (près de 100 000 négatifs conservés) et du texte « El Rio de nuestra vida »  publié en mars 1982 par le journal espagnol « El Pais ». Un prix Nobel qui courut après le cinéma dans sa jeunesse et à l’inverse que le cinéma sollicita maintes fois après en adaptant nombre de ses oeuvres ou en mobilisant ses talents de scénariste. Une rareté à voir de toute urgence au Casino Municipal jusqu’au 1er octobre.

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Mathieu CLERC

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