Coups de coeur

Published on décembre 4th, 2016 | by MagMozaik

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Des espaces aériens et vivants

Anabelle Soriano se joue des architectures en multiples espaces qu’elle anime de fines structures organiques, entre métal léger et fibres tissées en 3 dimensions épurées oranges. En tubulures, elle compose avec virtuosité des figures géométriques complexes, improbables à l’intérieur desquelles, telle une épeire, elle imagine sa toile diaphane en tracés qui occupent l’espace vacant, lui donnant un sens de vie, un sens organique chaud, subtil et chargé d’émotions.

Mais elle ne s’arrête pas à cette construction qui rappelle étrangement les trajectoires cérébrales de synapses et neurones enfin libérées de leur carcan osseux. Elle vibrione dans l’espace, se riant de la pesanteur avec une légèreté que sa passion pour l’escalade alimente. Elle dompte les airs et les structures architecturales pour greffer ses créations, tels d’énormes insectes délicatement ciselés, fragiles et graciles, sur les parois ou les toits de bâtiments et le théâtre Quintaou en l’occurrence pour cette performance baptisée « Géométrie habitée » dont les formes ont défini les modules installés, offrant aux  spectateurs le loisir de redécouvrir ce lieu familier sous des perspectives nouvelles et inédites en réappropriation par leurs imaginations. Les lignes, arêtes et courbes l’inspirent jusqu’à y projeter son imaginaire en d’impossibles objets incongrus qui les re-sculpteront, leur donnant un nouveau visage insolite, vivant de mille interprétations et mouvements au gré des angles de perception et des éclairages naturels. Drôles d’insectes qui s’accrochent partout, remodèlent les formes urbaines en d’infinies variations ébouriffantes de vie, de sensualité et de poésie.

Une ivresse vertigineuse qui rappelle combien les structures urbaines ne sont rien sans la vie qui les entoure ou les investit au quotidien, qu’il s’agisse d’éléments naturels, animaliers ou humains. Jouer dans l’espace et avec l’espace, naturel ou urbain, requiert néanmoins de solides connaissances et maîtrises techniques, qu’il s’agisse de l’architecture ou de l’escalade, cet art difficile d’apprivoiser les espaces. Trouver les procédés de construction des formes pour chacune de ses créations relève pour elle du défi permanent. En ce cas précis de structures de 2,5m, elle a opté pour des ossatures légères de tubes en PVC avec jointures de pièces coniques en résine, le tissage faisant appel à de la ficelle polypropylène. Pour ce faire, elle a bénéficié du concours actif de l’Ecole d’Art des Rocailles et des équipes techniques du Théâtre lors d’une résidence.

L’artiste avoue quelques influences qui ont guidé sa démarche : Gaston Bachelard et sa poétique de l’espace, Jean Arp, tout en sculptures sensuelles et Sol LeWitt  en structures plus rationnelles et conceptuelles. A la croisée de ces options, Anabelle Soriano souhaite impliquer le public dans un « work in progress » qu’elle proposera, Galerie Georges-Pompidou les 9 et 10 décembre (10-13h et 14-18h) aux visiteurs venus s’emparer de ces cordelettes orange pour en tisser leurs imaginaires.

Une performance étonnante à découvrir du 3 décembre au 21 janvier à la Galerie Georges-Pompidou et sur les parois du Théâtre Quintaou, avec en prime du mardi au samedi de 11 à 15h30 des visites dialoguées et vivantes.

Entrée libre. Pour toutes infos, www.anglet.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Video Philippe SIRET

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