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Published on avril 13th, 2017 | by MagMozaik

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Des Corsaires le vent en poupe!

Structure associative gérée, en partenariat avec la ville de Bayonne, par des bénévoles, la Galerie des Corsaires, reprise en septembre 2010 au 16 rue Pontrique, n’en finit décidément pas de caracoler sur des vagues de créativité pour le moins impétueuses, toujours en quête de nouveaux événements inventifs et originaux. Petit focus…

Avant de se définir comme une galerie hyperactive, experte en l’art de dénicher et d’exposer de multiples talents, toutes disciplines confondues, de la photo à la peinture, de la sculpture aux objets design, des installations multimédia aux performances, selon une cadence pour le moins rapide, les corsaires sont des artistes ou amateurs éclairés hors des sentiers battus qui aiment s’aventurer en des imaginaires, des univers, voire des scénographies très diversifiés. Le capitaine du flamboyant 3 mats, André Goupille, s’ingénie, amusé, à dérouter son public, proposant un large spectre d’artistes locaux, nationaux, voire internationaux aux inflorescences infinies de styles pertinents et impertinents qui claquent et surprennent souvent! Un grand écart qui n’est pas pour nous déplaire tant la passion préside aux choix judicieux d’expositions et à leur succession très diversifiée, oscillant entre élégance, raffinement, audace, rugosité et militantisme citoyen parfois, mais toujours flamboyance. Qu’on ne s’y trompe pas! Rares sont les vernissages où Jean-René Echegaray ou Yves Ugalde ne viennent pas en esthètes avisés qu’ils sont, se joignant ainsi aux toujours nombreux amis et artistes de la galerie, car la fidélité reste un art qu’ils savent pratiquer avec justesse et souvent, discrétion.

Et puis suit l’équipage téméraire du navire, toujours prêt à monter au créneau pour qu’éclosent de nouveaux talents émergents ou affirmés, mais trop pudiques pour se placer sous les feux de la rampe. Sauf qu’ici, l’ambiance conviviale, et presque confidentielle, les incite, de temps à autres, à sortir de leur tanière. « Claude Jammaerts », génial citoyen du monde, navigue en des eaux subtiles et raffinées où l’écume de ses kakémonos nous invite en des univers emplis de spiritualité mystérieuse. Quand le galion affronte des eaux trop houleuses, « Mica » jette l’ancre en ce pays basque où mer et montagne se côtoient. De sa partition picturale jaillissent des symphonies au couteau où des paysages, aux infinies nuances colorées, parfois violentes et fougueuses, tissent un territoire farouche et fier, chargé d’émotions non dites. Sans parler d’autres marins indomptables aux magnifiques talents, tels Julia Ratsimandresy et ses paysages malgaches si finement veloutés, aux transparences de lumières diaphanes, Michel Chalot et ses univers délicatement ciselés en mode Boris Vian, Alain Jouve, l’espiègle ou Agnès Lacombe, si vivante et hurlante de ses silences assourdissants, que nous présentions récemment en nos colonnes, sans oublier Alain Camou, l’esthète, et Maïté Caprais.

On comprend mieux la curiosité vivifiante de ce collectif, prompt à défricher de nouveaux territoires créatifs vierges, insolites ou souvent impliqués dans certaines réflexions urbaines humanistes comme récemment avec Laetitia Tomassi. « Remp’Arts », manifestation désormais bien implantée sur Bayonne depuis 2013 en démontre bien le flair infaillible à l’instar d’autres expositions hors murs telle que « l’Art au Cloître » ou une présence récurrente sur la Chapelle de Larressore ou à Bergara. Il sait aussi tisser, à bon escient, des passerelles avec d’autres galeries ou lieux d’exposition amis pour mieux démultiplier l’impact de leur belle écurie d’artistes « maison » ou qui se posent un temps dans leur port d’attache.

Pour ces longs voyages annuels sur les vagues, la Galerie des Corsaires met tous les atouts de son côté: Cales emplies d’oeuvres, escales sur des terres d’artistes, connus ou à découvrir, avec un instinct des beaux rivages à explorer redoutable, équipage virtuose décidément engagé corps et âme dans l’aventure exaltante de chaque grand voyage annuel, avec pour motivation, la perspective de belles rencontres et l’ouverture à d’autres cultures, d’autres talents, d’autres formes d’expression… Des expéditions que, tous les ans, le capitaine corsaire de cet impétueux navire, mène et réussit avec fougue, malgré les embûches ou les assauts de pirates envieux! André Goupille, à la barre, sait pouvoir compter sur ses fidèles seconds et garder le cap , enrôlant, au gré des courants et des vents porteurs, du Japon à l’Argentine en passant par l’Espagne ou l’Egypte, des marins de passage de haut vol qui, s’ils descendent en une quelconque halte, restent fidèles au fougueux trois mats jusqu’à son prochain périple… Nous sommes, dès 2014, montés à bord et n’avons cessé depuis de descendre aux escales à la rencontre de tant de cultures croisées, métissées, de tant de talents d’ici ou d’ailleurs, de tant de formes d’expression et d’expositions souvent inscrites aux coeur des événements de la ville tel ce rendez-vous attendu chaque année au coeur de la Foire au Jambon qui accueille des artistes inspirés par le cochon dans tous ses états . Du 10 au 29 avril 2017, Eric Bourdon et André Goupille justement proposent, avec « Kintoa », d’étonnantes et ludiques variations autour du porc, tout en contrastes d’ombres et de lumières pour l’un, ou incroyablement saisis au bic pour l’autre en un dense et virevoltant canevas de traits fins.

Mais manoeuvrer un tel navire n’est pas chose aisée car il faut bien parler argent! Malgré tous ses efforts et la qualité des artistes exposés toutes les 3 semaines, la galerie ne vend pas forcément les oeuvres mais elle reste une incomparable vitrine et un tremplin où se précipitent bien des artistes pour peu que les amateurs d’art ou les journalistes les remarquent! Certes Les Corsaires bénéficient de mécènes, à commencer par la MAIF, mais tenir à bout de bras un lieu aussi rare et précieux, sans s’engraisser confortablement sur le dos des artistes présentés, exige davantage. Voilà en tous cas un lieu d’une belle densité où nous nous sentons chez nous, par un curieux réflexe de refuge où la créativité et l’intelligence se donnent rendez-vous. Bien des artistes ont fréquenté l’espace pour le plus grand bonheur des visiteurs. Des choix pertinents, voire souvent impertinents, d’une équipe qui n’hésite pas à développer d’audacieux événements qui permettent de découvrir bien des talents nouveaux! Et si d’aventure vous poussez la porte de cet espace sobre et chaleureux, vous serez surpris de l’ambiance généreuse qui vous envahit et ne manquerez pas d’y croiser bien des artistes prêts à vous présenter leurs oeuvres jusqu’au bout de leurs rêves et de leurs passions!

Galerie des Corsaires, 16 rue Pontrique, entrée libre de 15 à 19h00, du lundi au samedi.

galeriedescorsaires.blog4ever.com

rempartsbayonne.blog4ever.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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2 Responses to Des Corsaires le vent en poupe!

  1. Hoddes says:

    Bravo j aime beaucoup.
    Je suis artiste j habite Rueil malmaison mais.. je suis née rue marengo issue d une vieille famille bayonnaise et exposer dans mon quartier (j allais à l école du quai i chao)me ferai tellement plaisir si un jour vous ave une petite place pour moi se serait magnifique !!!!
    Mon site http://www.dominique-hoddes.odexpo.com

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