Coups de coeur

Published on mai 17th, 2015 | by MagMozaik

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De réjouissants poèmes!


Sans conteste, gros coup de coeur et un énorme bravo hilare à Daniel Cortez et Gilles Bertrand qui chaque semaine nous concoctent de savoureux poèmes illustrés. Daniel Cortez, on connait! Les pottoka en dedeuch, les piments ludiques et autres festayres loufoques revigorants en diable. Son complice, ami d’enfant, laisse enfin son imagination vagabonder avec, en contrepoint inattendu Bébert! Petite explication de textes et d’images…

Quelques balades hebdomadaires

L’aventure commence en novembre dernier quand l’esprit de Gilles Bertrand, trop à l’étroit dans l’univers professionnel de son hôte, décide de prendre la poudre d’escampette pour quelques délires poétiques. Il élit domicile sur le blog d’une plume alliée aux traits caustiques et ludiques, celle de Daniel Cortez. Et ça tombe bien, les deux corps humains sont des amis d’enfance très complices. Main et esprit s’entendent vite sur le format: ce sera un petit billet hebdomadaire illustré avec possibilité de commenter. Mais voilà qu’un trublion se prend au jeu avec brio et insolence . Le duo -ou trio selon les thèmes abordés- de fortune prend son envol et caracole jusqu’à nous parvenir. Voilà un virevoltage entre mots et traits de crayon comme on les aime. Tout devrait s’arrêter en novembre prochain avec à la clef la publication de toutes ces petites pépites drôlatiques. On vous souhaite, messieurs, de partager ainsi tous ces instants de bonheur mais de grâce continuez à nous surprendre, à nous émerveiller, à réveiller nos consciences! Une telle alliance du verbe et du dessin ne saurait cesser ainsi! Quant à Daniel Cortez, trop souvent reclus dans son antre d’Espelette, il nous promet une belle exposition à l’horizon 2016 aux Corsaires, en espérant pouvoir l’apercevoir d’ici là! en attendant, rendez vous sur son blog pour de petits poèmes truculents.

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Morceaux choisis

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“Pareille mésaventure m’est déjà arrivée. Je me souviens d’une fois au réveil, après une soirée bien arrosée à disserter sur la pertinence gustative de boire de grands vins à cinq heures du matin en affichant au compteur 4 grammes bien tassés et m’être retrouvé dans une situation pour le moins décalée. Même chose que Gilles, je suis passé directement de la position couchée à la position assise face à une assiette au milieu des convives. Sauf que là, rien ne collait. Le décor déjà. Tout était blanc : murs, table, couverts et même les vêtements des convives (des espèces de combinaison de laboratoire sans poche, sans pli, parfaitement lisses). La plupart des gens avaient le crâne rasé ou portaient des charlottes. Après le tour d’horizon de cet environnement de clinique aseptisée, mes yeux se sont fixés sur mon assiette : une barquette dans laquelle nageait dans une sauce translucide de la choucroute accompagnée d’une pomme de terre vapeur. La maîtresse de maison nous annonça en introduction : « C’est choucroute aujourd’hui ! Je l’ai scannée juste avant de servir, le risque bactérial est nul et son historique de traçabilité n’a pas été piraté. Vous pouvez la déguster en toute tranquillité ». Son mari lui demanda : « Chérie, tu sais que j’ai du mal à la digérer… ». Elle lui rétorqua : « Ne t’inquiète pas. J’ai croisé le fichier génétique de la choucroute avec les vôtres, tous les indicateurs de digérabilité sont au vert, même le tien mon chéri ». Je commençais à me demander si les six bouteilles de Châteauneuf que l’on avait descendues après la bouteille de calva n’entraînaient pas chez moi des troubles visuels et auditifs. Un des hôtes s’exclama en saisissant ses couverts : « Oh ! Vous avez opté pour le plastique ! »
– Oui, le plastique c’est sans risque. Fini les accidents domestiques. Savez-vous qu’un homme a été émasculé par le couteau de sa voisine qui avait dérapé sur un gigot trop cuit ? »
– Moi, cela ne risque pas de m’arriver, je ne porte que des slips renforcés titane ! Les bijoux de famille, on les protège » s’esclaffa un autre.
Il fallait que je mange pour dissiper cette sensation d’irréalité.
– Mais vous n’avez pas mis de viande ?  interrogeais-je.
–  Non, me répondit mon hôte, je n’ai pas renouvelé mon assurance contre les risques liés à la salmonellose et puis la viande reste un des risques majeurs des maladies cardiovasculaires, alors je diminue les risques et en plus je fais des économies !.
J’hallucinais. J’attrapais la carafe de vin et m’en servis en toute urgence un grand verre espérant trouver un peu de réconfort.
– Mais c’est du jus de raisin ! .
Tout le monde s’esclaffa : – Mais tu croyais quoi, que c’était du vin ?  Puis tout le monde se mit à commenter :
– Savez-vous qu’à une époque les gens buvaient, non pour étancher la soif, mais par convivialité, disaient-ils.
– Faut-il être un faible pour recourir à ce poison pour se désinhiber.
– Et les conversations avec le temps finissaient sans articulation, dans une espèce de logorrhée de mots hachés, une bouillie verbale, dit-on.
– Bonjour l’esprit. Il devait être inversement proportionnel au taux d’alcoolémie !
– Certains pouvaient même tomber inconscient et s’endormaient dans leur propre vomi !
– C’est dégueulasse, comment peut-on se laisser aller ainsi ?> – Et on ne parle pas des dégâts sur la circulation sanguine, les reins, le foie, l’estomac et tout le reste.
– Non on n’est plus des sauvages aujourd’hui. Un esprit sain dans un corps sain, telle est notre devise !
Là, je n’en puis plus, je me levais et déclarais :  Je sors !.
– Mais tu es fou, me rétorqua-t-on. Personne ne va plus dehors de nos jours, c’est trop dangereux ! 
Et là contrairement à Gilles qui partit se recoucher, à ce moment-là, je me réveillais, couvert de sueur par cet affreux cauchemar. Je saisis la bouteille de mirabelle qui traînait sur la table de nuit (reste de la soirée que j’avais dû emporter pour aller me coucher) et la vidais d’un trait. Maintenant, avec tout ce que j’avais descendu, la choucroute n’avait qu’à bien se tenir !”

 Réponse de Bébert

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“J’habite un petit village en Moselle et ici, les étrangers, tout le monde en parle mais personne n’en a jamais vu.Un peu comme dieu, sauf que lui il est tout seul ou quatre maxi. Là, apparemment, d’après ce qui se raconte, ce sont des hordes de sauvageons à capuches qui niquent ta mère. Est-ce un complexe d’œdipe refoulé, une attirance pour les femmes mûres qui attire tous ces gens chez nous ? Non, les rumeurs parlent d’un grand remplacement, qu’ils vont prendre notre place. Un peu comme dans la série télé les envahisseurs avec David Vincent.Sauf qu’on ne les reconnaît pas par leurs priapismes de l’auriculaire, non, on les reconnaît à leurs couleurs.

Je me suis dit, tiens, c’est comme la famille que j’héberge dans ma cave pour faire de la couture (ils tirent sur le jaune), mais ce ne sont pas des étrangers puisqu’ils sont chez moi, et de toute façon, aucun risque, ils ne sont pas près de sortir vu la porte blindée que j’ai fait installer. De plus, on m’a rassuré en me disant qu’ils ne vivaient pas au centre mais en banlieue. Je suis donc parti en explorateur en dehors du village, tel l’ethnologue en terrain hostile à la découverte de peuplades oubliées.

Je pensais rentrer bredouille quand tout à coup, au détour d’un chemin, je tombe nez à nez avec un étranger, un gros noir, baraqué et nu comme un ver.A la vue de l’envergure de ses attributs, une sueur froide coula le long de mon échine.Je me dépêchai de lui rappeler que malgré mon âge avancé, je n’étais pas une femme d’âge mûr, mais un homme, que cela ne correspondait pas aux standards de ses pulsions ni de ses coutumes.Nique ta mère mais pas nique Bébert ! Son regard terne et inexpressif me fit comprendre qu’il n’avait pas compris.J’en fis une première déduction: l’étranger ne parle pas la même langue que nous ! Ragaillardi par cette découverte je décidai de poursuivre cette prise de contact en l’accompagnant d’un ballet gestuel pour illustrer mes propos et mieux me faire comprendre :«Moi Bébert, toi comment ? », « Toi savoir coudre à la machine, toi vouloir venir dans ma cave ? »… Sa réaction fut contraire à celle que j’attendais, je sentis monter en lui une sourde colère, son souffle devint rauque et puissant, il bavait, trépignait.J’en étais là, transi de peur, quand un paysan du haut de son tracteur me lança : « Oh bon diou, qu’est-ce que tu fais à mon taureau, toi ?!! ».

Je lui répondis que j’essayais d’échanger, de communiquer.Il me répondit par un: « T’es bien un crétin de la ville, t’es pas chez nous toi, hein ? ». Pas de chez nous, le déclic se fit dans mon esprit, c’était moi l’étranger. Etranger à moi-même, c’était de ma propre peur que j’alimentais la peur de l’autre. Depuis je n’ai plus peur, je vis même une idylle avec le taureau, on se retrouve le soir au chaud dans son étable.J’ai un peu mal au cul mais je me sens apaisé et ouvert aux autres.”

Autre commentaire de Bébert

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Elle est pas belle la vie?

www.cortez.fr/blog/

Catherine CLERC,magmozaik64200@gmail.com

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