Donostia 2016

Published on mars 29th, 2016 | by MagMozaik

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De nouvelles écritures chorégraphiques

Le Labo de Malandain Ballet Biarritz porte, pour la 5ème année consécutive, ses “Regards Croisés “sur de nouvelles manières de réinventer et construire l’écriture chorégraphique basque contemporaine sur un socle fondamental de traditions classiques et basques.” Begirada Gurutzatuak” c’est avant tout le creuset de talents émergeants qu’accompagne depuis 5 ans une structure expérimentale, née voici 7 ans, afin de promouvoir des projets transfrontaliers et rendre plus lisible des formes modernes de danse profondément enracinées dans notre territoire, de Bilbao et Donostia à Biarritz ou Bayonne. A sa tête, Gaël Domenger qui revendique haut et fort la pluridisciplinarité, la médiation culturelle et la sensibilisation d’un large public, professionnel ou non. Du 30 mars au 1er avril, 4 approches permettent de comprendre un art qui ne cesse d’élaborer sa syntaxe, son vocabulaire et son phrasé chorégraphique, puisés en ses sources identitaires virtuoses. Des ateliers, des répétitions publiques, des spectacles et deux expositions photographiques en trois lieux complémentaires, Le Studio Gare du Midi, le Colisée et la Médiathèque, accueilleront spectateurs avisés, amateurs éclairés, grand public, artistes, danseurs et créateurs d’excellence, en des démarches parfois très pointues et novatrices!

Un événement audacieux

Depuis des années, Gaël Domenger suit, et souvent révèle, les jeunes créateurs de notre territoire. Il y a 7 ans déjà, naissait sous son impulsion et celle du Malandain Ballet de Biarritz, un véritable laboratoire de découvertes et expérimentations chorégraphiques, nourri de bien d’autres disciplines artistiques complémentaires et enrichissantes. Ce fut le cas d’une collaboration fidèle avec Benat Achiary, notamment, à travers les Ethiopiques. Dans le sillage de ce creuset de talents émergeants, créé en étroite liaison avec la Fundicion de Bilbao, se développèrent le Ballet T et surtout ces fameux “Regards Croisés” qui placent, chaque année, sous les feux de la rampe, de nouvelles compagnies ou de jeunes danseurs, trouvant là l’occasion de se perfectionner à la rencontre d’un public convaincu.

Toutes ces structures n’existent que par un parti pris pédagogique dans le suivi des artistes, ainsi aidés et accompagnés, mais aussi dans la sensibilisation d’un large public d’amateurs, de simples spectateurs néophytes, voire d’étudiants en universités ou de la plate forme image de Biarritz qui, grâce à une temporalité différente de celle requise par la pratique de la danse classique, très exigeante et technique, trouvent là une opportunité de s’adonner à une passion pour la danse contemporaine en parallèle de leurs études, ou d’en faire un sujet de projets. C’est ainsi le cas de l’UPPA et de l’INSA de Toulouse, qui travaille régulièrement avec des artistes en résidence. C’est aussi le cas du Pôle Image de Biarritz dont les élèves fondent parfois leurs projets de fin d’année sur le thème de la danse ou des danseurs.

Bien sûr, cette ambitieuse initiative suppose des moyens, et surtout de nombreux partenaires qui s’impliquent fortement dans l’opération. Soutenu par l’Eurorégion Aquitaine-Euskadi, cet exemple lumineux de coopération transfrontalière réunit cette année 5 partenaires: La Fundition de Bilbao (co-fondatrice), le Glob Théâtre de Bordeaux, la Compagnie PE PAU (Pedro Pauwels), la ville de Limoges et le Centre Culturel Niessen d’Errenteri qui s’investiront en accueil d’artistes en résidence ou de représentations de spectacles pour une meilleure lisibilité du travail des artistes basques à travers la vaste eurorégion.

La danse à quatre temps!

Le périple eurorégional commence à Biarritz qui ouvre le bal en 4 temps distincts mais fusionnels, mis au service de l’art unique et virtuose de la danse contemporaine dans tous ses états. Un moment privilégié d’échange entre artistes et publics à travers des conférences, des ateliers, des spectacles, des débats, des expositions…

Premier mouvement de la danse? Deux expositions de photographies exceptionnelles à la Médiathèque et au Colisée. La première, pilotée par Olivier Houeix que l’on ne présente plus, propose, en 30 ans de carrière du danseur-photographe Jean Gros Abadie, un subtil panorama des évolutions de la scène contemporaine française en des lieux souvent intimistes avec commentaires du journaliste et critique de danse Philippe Verrièle. Un témoignage de premier ordre que complète la seconde exposition des oeuvres du même Olivier Houeix au Colisée. De sublimes instantanés qui soulignent, s’il en était besoin, la discipline rigoureuse et souvent douloureuse qu’impose l’art de la danse à ces niveaux de virtuosité et de haute technicité. Etonnant calendrier qui fait se juxtaposer à la Médiathèque deux modes d’expression d’une même passion avec Ikilimikiliklik où apparait en filigrane la patte de Gaël Domenger à travers ces deux danseurs quelque peu “derviches tourneurs” en rouge et blanc! Le 1er avril à 19h00 la Médiathèque organise une rencontre croisée entre ces deux photographes, Mizel Theret et Pedro Pauwels.

Quatre ateliers complètent le dispositif à destination de publics différents. Tous les lundi de 20 à 22h00 le Labo anime au Grand Studio des séances au cours desquelles le public vient s’adonner à sa passion de la danse sous la direction de Gaël Domenger ou de chorégraphes invités. Le 30 mars c’est Pedro Pauwels qui prendra les commandes. Les 31 mars et 1er avril, de 11 à 13h00 au même endroit, Matxalen Bilbao et Igor Calonge accueilleront les élèves de l’Option Art Danse du Conservatoire. Enfinle 1er avril, la tranche 14h00/16h00 sera réservée aux étudiants de l’INSA  sous la houlette de Igor Calonge.

Place ensuite aux répétitions publiques alternant professionnels et amateurs éclairés, à 19h00 au Grand Studio. Le 30 mars, la Compagnie Cielo Raso et Matxalen Bilbao viennent donner un aperçu de leur spectacle  (sur réservation!) Le 31 mars, changement de décor et d’approche. A l’initiative de Laurent Grégoire, responsable des sections danse et musique de l’Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse, le chorégraphe Gilles Baron de Biscarosse a bénéficié, de novembre 2015 à février 2016, d’une résidence au sein de l’Ecole d’ingénieurs. Ils nous proposeront le résultat de leur travail commun.

Deux spectacles croisés masculin/féminin (un chorégraphe homme pour deux hommes et une chorégraphe femme pour deux femmes) couronneront la manifestation au Colisée à 21h00, à travers deux perceptions imaginatives de l’environnement, via la nature si paresseuse ou les interconnections relationnelles. Le 31 mars, Igor Calonge, Marti Güell et la Compagnie Cielo Raso nous proposent “Pereza”, expérience très physique de corps qui, l’inertie aidant, pourraient bien fusionner avec la nature! Le 1er avril, univers plus cérébral de deux corps déchirés entre séparation et harmonie, espaces physiques et intérieurs. Matxalen Bilbao et Johanna Etcheverry vivent ainsi “L’autre”. Deux chorégraphes dont on ne dira jamais assez combien ils ont été précieux dans la formation de nouveaux artistes basques contemporains!

Et demain? Le centre culturel Niessen d’Errenteria produira, le 10 avril, la pièce de Gilles Baron, “La nuit entre deux soleils” tandis que les “Regards Croisés” s’exporteront à Limoges du 17 au 19 novembre prochain sous l’impulsion de Pedro Pauwels. A suivre donc!

De belles dualités étonnantes à ne pas rater!

Pour toutes infos pratiques, www.malandainballet.com et www.tourisme.biarritz.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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