Concerts

Published on avril 27th, 2015 | by MagMozaik

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De Bach à la javanaise…Un bien “Beau Jour”!

Dimanche 26 avril Thomas Valverde présentait sur la scène du Théâtre du Casino de Biarritz, et en avant première du Festival 2016 « Les Beaux Jours » le concert de Monsieur Richard GALLIANO accompagné par l’orchestre symphonique CONFLUENCES (direction Philippe FOURNIER) dans un programme éclectique …de BACH à la Javanaise de Gainsbourg. 



Galliano /Piazolla. Le niçois éperdu de New Musette, L’argentin de New Tango.

Deux destins, forgés à l’aulne des touches nacrées de leur instrument se retrouvant, un soir de 1983, autour de Jorge Lavelli à la comédie Française pour « songe d’une nuit d’été de William Shakespeare ». Il manque un Bandonéon pour interpréter la partition écrite par Astor Piazolla. Ce sera Richard Galliano. Cette rencontre scellera entre les deux hommes une profonde amitié et bouleversera à jamais leur histoire personnelle et celle de leur instrument.

Richard Galliano

– 20h 45. Les lumières du théâtre du Casino de Biarritz s’éclipsent sur une salle quasiment pleine.

Le chef d’Orchestre Philippe Fournier salue le public. L’orchestre symphonique Confluences s’offre dans un écrin sonore à « Oblivion », tango crépusculaire écrit par Astor Piazolla en 1982 et popularisé par Marco Bellochio pour son film henry 4. Le magnifique accordéon VICTORIA, (équivalent d’un Stradivarius, compagnon de route de Richard GALLIANO depuis 50 ans, offert par sa grand mère) prend vie, respire, se contracte, spirale autour de la gestuelle élégante du chef d’orchestre Philippe FOURNIER.Les cordes de l’orchestre symphonique Confluences virevoltent, tourbillonnent dans un velours de son aux couleurs chatoyantes. Bienvenido a Buenos Aires !

2010. Richard Galliano enregistre son disque BACH sous le label international « Deutsche Grammophon » avec son sextet préféré (celui de « Piazolla for ever « avec l’incontournable violon alto de Jean Marc Apap.) d’Astor Piazolla au « concerto pour violon et orchestre en la mineur BWV 1041 de JS BACH.

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– Après l’énergique « Allegro en La mineur » et avant « L’allegro Assai « qui le sera tout autant s’épanouit le radieux Andante en do majeur. Philippe Fournier maîtrise les tempis à la perfection comme Paul Bocuse la soupe aux truffes. Lorsque le pupitre de violoncelles égrène, dans les premières mesures, cette belle cellule musicale en do majeur, pour déposer délicatement sa dominante à la quatrième mesure, le Victoria de Richard GALLIANO émet des rais de lumière dans toutes les travées du théâtre. Méditons cette maxime : Le soufflet est à l’accordéon ce que l’archet est au violon.

Or Richard Galliano, accordéoniste, pianiste, tromboniste maitrise le pneuma de son instrument à la perfection.. La ligne mélodique respecte un phrasé d’une limpidité absolu. Les nuances de l’accordéon sont quasi infinis et, ce qui est bluffant, c’est la sensation qui s’installe que in fine, ce concerto a bien été écrit pour l’accordéon, tant l’esthétique proposée par le soliste offre un discours parfaitement intégré à la « grammaire «  de l’orchestre. Une découverte pour l’assistance, une certitude établie pour les autres.

– Depuis 1987, Philippe Fournier, créateur de l’orchestre de chambre Lyonnais, conjugue au présent la transversalité. De ses collaborations avec des artistes d’horizons lointains, l’humoriste Marc JOLIVET en 2003 ( Comic symphonie) Do you speak Djembe (ou Mille djembés furent distribués au public) rassemblant en 2007 sur une même scène instrumentistes, chanteurs d’Afrique de l’Ouest et orchestre symphonique, il tire une énergie renouvelable pour l’avenir et une volonté de cultiver sa différence.

Répertoire insolite

– “Sentimental Sarabande” ou comment faire sonner un orchestre symphonique avec la souplesse d’un quatuor à cordes.

Écrite en 1934 par Benjamin Britten injustement snobé par bon nombre d’orchestres hexagonaux, La « simple symphonie » est une succession de 4 mouvements bucoliques sur des airs traditionnels anglais. On y trouvera le champêtre Boisterous Bourée, les Pizz du Playful Pizzicato , Sentimental Sarabande….

Cette parenthèse orchestrale dans un récital consacré à Richard Galliano en a surpris plus d’un mais L’esprit des « Beaux jours » instillé par Thomas Valverde est bien de rayonner autour de la musique classique et une chose est certaine… l’orchestre symphonique Confluences rayonne plutôt bien.

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Cette formation dévide Sentimental serenade comme Ariane son fil, dans un discours poétique sans jamais casser son équilibre ; ces pizzicattis d’une douceur infinie, cette direction aérienne de Philippe Fournier qui invite, plus qu’il n’impose, ces sforzandos qui, dans un geste habité énergisent les cordes jusqu’à cette mélodie que les pupitres se transmettent dans un accord parfait. C’est orchestre et un espace de liberté inouïe, une tente à oxygène, un modèle d’écoute entre les pupitres, un incubateur de talents.

– La valse à MARGAUX, l’ADN du new musette

Le thème de la valse à Margaux (dédiée a sa nièce) est née dans une chambre d’Oslo lors d’une tournée que Richard Galliano faisait avec Juliette Greco. Commençant par une valse musette utilisant la même marche harmonique que Jeanette de Gus Viser, elle s’en éloigne rythmiquement et harmoniquement laissant muet d’admiration André Hastier, accordéoniste et éditeur de la partition.

– Saint germain des prés.

Un souffle printanier se lève sur le théâtre et me projette dans un dessin animé d’Hayao Miyazaki par sa fraîcheur aux senteurs de lavande avec, en arrière fond, la lumière tamisée d’un soleil couleur de nostalgie contrastant avec Opale, triptyque symphonique, torrent harmonique, dédicacé a son ami Joël Rossi, l’Art Tatum de l’accordéon.

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Clap de fin

A la demande du public Richard Galliano revient. De ces années avec Claude Nougaro naîtront des compositions dont « Tango à Claude » alliant le même dynamisme que le libertango d’Astor Piazzola. Seul devant l’orchestre, cet immense musicien donne encore une fois un récital de musicalité, la virtuosité de son jeu n’étant pas ostentatoire, mais toujours au service du discours musical .

L’ovation qui en suivit fut indescriptible. La salle est en feu . Des travées, du balcon, les applaudissements crépitent comme des pétards dans une fête foraine. Une vague d’applaudissements emporte tout sur son passage….ou presque. La javanaise de Gainsbourg repris par le public et un nouveau rappel pour réentendre la Valse à Margaux…… Hier soir nous étions ivres de bonheur… mais à la table de Richard Galliano comment pouvait-il en être autrement?….

Prochain épisode: Ibrahim Maalouf le 29 avril et petit souvenir de magmozaik et Radio Kultura

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www.biarritz.fr

Xavier HEUTY, magmozaik64200@gmail.com

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