littérature

Published on décembre 2nd, 2016 | by MagMozaik

0

Coup de cœur pour Luc Lang !

Magmozaïk vous l’avait annoncé le 3 novembre dernier : le jury du Prix Boncourt a décerné son « coup de cœur » au magnifique roman de Luc Lang « Au commencement du septième jour » (Stock – 544 pages). Maïalen Sanchez, Directrice de la Médiathèque de Biarritz l’avait donc invité à venir rencontrer ses lecteurs-trices à Biarritz. Et c’est en toute simplicité et surtout ravi, qu’il est venu nous parler de son travail d’écrivain.

Mais qui est cet homme ?

Luc Lang est né en 1956 à Suresnes dans une famille ouvrière. Il suit des classes préparatoires littéraires : Lettres supérieures (hypokhâgne) au lycée Honoré de Balzac, puis en Première supérieure (khâgne) au lycée Jules Ferry. Il enseigne  ensuite l’esthétique à l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris – Cergy (ENSAPC).

Lauréat du Prix Jean Freustié en 1988 et du Prix Charles Oulmont en 1989 pour « Voyage sur la ligne d’horizon », puis du  Prix Goncourt des Lycéens en 1998 pour « Mille six cents ventres » il séjourna en 1995 à la Villa  Kujoyama (située à Kyoto). Il s’agit de l’une des plus importantes institutions culturelles françaises à l’étranger. Inspirée par le modèle de la Villa Médicis à Rome, c’est une résidence d’artistes associée à l’Institut français du Japon.

Luc Lang a écrit une douzaine de romans (Cf l’article du 27 octobre http://www.magmozaik.com/vous-avez-dit-boncourt-2/)

L'écriture du roman

Luc Lang a travaillé durant quatre années pour rédiger  « Au commencement du septième jour ». Il a cherché ensuite un titre pour son ouvrage. Le premier choix fut « Préférer l’océan », paysage qui permet de s’ouvrir vers le monde. Puis, comme le personnage principal, Thomas, appartient au monde contemporain, voire futur puisqu’il est ingénieur informaticien axé sur le contrôle du temps de travail des salariés, le titre est devenu « Une vie Contemporaine ». Finalement, en faisant une relecture de son texte, Luc Lang est frappé par une phrase qui marque le début de la grande randonnée de son personnage principal dans les Pyrénées « C’est au commencement du septième jour que Thomas … ». Cela résonnait bien avec le côté biblique du livre puisque beaucoup de scènes décisives du roman ont lieu un septième jour et que les prénoms de ses personnages évoquent ceux des apôtres : Thomas, Jean et Pauline.

Le grand talent de Luc Lang est de nous faire comprendre que chaque personne a sa façon de bouger dans l’espace en fonction de son ressenti face aux événements. Que l’on soit heureux ou malheureux, le regard que l’on porte autour de soi est différent et l’auteur nous permet de percevoir les états mentaux  de ses personnages au travers de leur façon de bouger ou de voir les paysages.

L’histoire du roman

L’idée de départ est celle d’un parcours géographique, d’une envie d’aller du Havre jusqu’en Afrique en passant par les Pyrénées. Après seulement, Luc Lang a pu créer ses personnages, les insérer dans un décor, une situation particulière.

La femme de Thomas, le personnage principal, vient d’avoir un très grave accident, sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver. Commence une enquête sans répit alors qu’elle lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu’incarne Thomas : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d’abîmes sous ses pas. De Paris au Havre, des Pyrénées à l’Afrique noire, Thomas est emporté par une course dans les tempêtes, une traversée des territoires intimes.

Luc Lang a construit son roman en trois chapitres, chacun rédigé d’une écriture possédant un rythme différent. L’écriture est d’abord rapide, saccadée et rythmée comme un cœur qui bat trop vite face à une forte émotion. Puis, sensiblement, elle s’apaise lorsque le personnage principal part dans les Pyrénées, marcher vers le calme, la solitude, pour se retrouver auprès de son frère, Jean, si protecteur. Enfin, lors de son arrivée en Afrique, l’écriture reprend un rythme plus tonique lorsque Thomas retrouve sa sœur et une envie de revivre.

Ce livre ne se referme pas vraiment puisque l’auteur, volontairement, ne répond pas à nos interrogations pour nous laisser imaginer des réponses. C’est le principe de « l’ellipse » que Luc Lang apprécie beaucoup car pour lui, les scènes décisives ne doivent pas être décrites de façon narrative mais suggérées, pour permettre au lecteur d’imaginer certaines situations. Luc Lang fait alors silence pour laisser chacun investir ces instants avec son imaginaire et les recomposer à son gré.

Nous amener à réfléchir sur nous-mêmes

Enfin, ce livre est celui du questionnement sur les  véritables valeurs de la vie. Thomas pensait que la réussite professionnelle, l’argent et la position sociale étaient les buts principaux à atteindre. Il se rendra compte qu’il n’était pas armé face aux difficultés réelles de l’existence. Il découvrira que le sens de la vie ne relève pas forcément du réel, et que les liens affectifs, les relations familiales et amicales, sont les seules valeurs qui vaillent la peine d’y consacrer son énergie.

Catherine Bosser pour magmozaik64200@gmail.com

This Post Has Been Viewed 63 Times


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑
  • Rejoignez-nous sur Facebook

  • Catalogue art/culture

  • L’annuaire Mozaik 2017

    L’annuaire Mozaik 2017
  • Panier