Expos

Published on mai 6th, 2016 | by MagMozaik

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Construire la paix “Sous(-)Tension”

Du 4 au 22 mai, Arcad propose la seconde édition, “Sous (-) Tension”, de ses scénographies artistiques au Didam, en parfaite résonance avec les Phares de la Paix imaginés par l’année culturelle européenne de Saint Sébastien. Un événement de créativité expérimentale audacieux que l’on espère désormais récurrent en ce lieu! Un concept décliné en 8 univers d’artistes pour évoquer, à leur manière unique, les complexités antagonistes qui habitent l’être humain dans un processus de comportement oscillant en guerre et paix. Construire la paix est un art difficile d’où surgissent souvent des dualités contraires qui se croisent, se déchirent, s’annulent en des résultats souvent inverses des intentions! Les 8 artistes explorent des terrains très diversifiés, du psychisme et de l’introspection aux actions humaines dont les effets peuvent s’avérer pervers. La frontière entre violence et paix s’esquisse ainsi en infimes nuances qui, en équilibres fragiles, peuvent à tout instant basculer d’un côté ou de l’autre! Une mise sous tension sans cesse sous-tendue finalement pour mieux contenir les seuils critiques. Un titre d’exposition très évocateur des ambivalences, voire des ambiguités, humaines, des conséquences néfastes de ses actes et des limites physiques d’harmonies qui peuvent frôler les points de rupture. 

En installations, volumes, peintures, photographies, gravures ou céramiques, le collectif éphémère ici réuni compose de multiples variations d’un même combat pour une paix souvent illusoire. Un thème largement repris, du 3 juin au 25 Septembre par la ville, en écho au “Phare de la Paix” du Musée San Telmo, par quelque 21 musées européens, chacun déclinant son propre thème des représentations imaginaires et symboliques de la notion de paix, dont ceux de Bayonne. Un parcours au gré des guerres et paix qui ont profondément marqué l’hitoire de l’Espagne jusqu’à aujourd’hui. Transfrontalité oblige, la ville de Bayonne, associée à cette manifestation “In”, a choisi d’illustrer deux moments historiques forts, l’un scellant l’alliance entre la France et l’Espagne, l’autre, à l’inverse, annonçant un conflit majeur entre les deux pays. Encore une ambivalence dont nous en reparlerons! Pour l’heure, Franck Cazenave, David Duchon-Doris, Blandine Galtier, Fabienne Labansat, Grégoire Lavigne, Eliane Monnin, Laurent valera et Gertrud Varailhonvous vous attendent au Didam pour des rencontres, des visites guidées, des interventions et des spectacles vivants, sous la houlette de l’équipe d’Arcad, de sa présidente, la plasticienne Hélène Fédida et de la coordinatrice de l’aventure, la photographe Florence Douyrou. Fil rouge et point de convergence des artistes? L’extrême fragilité humaine dans l’invention d’une improbable paix, à toujours repenser! Tonneau des Danaïdes???

Installations protéïformes subtiles

De l’organique et du minéral aux dualités psychiques humaines ou actions aux effets pervers, 4 constructions explorent les fragiles frontières entre paix et conflits, entre harmonies et points de rupture. Eliane Monnin, céramiste, s’attache à révéler, en tout objet naturel, une logique mathématique des formes à la limite troublante de l’obsession. Sa composition, aux confins extrêmes de l’harmonie prête à se fracter ou blesser de pointes hérissées, laisse sourdre une vie minérale et organique en une beauté oscillant entre étrangeté et angoisse! Une indicible relation charnelle à la terre…

A l’opposé – mais pas tant que cela finalement-, Franck Cazenave, souvent hanté par les mouvances sous-marines organiques, les relie étonnamment aux tourmentes psychiques humaines, si complexes et parfois antagonistes. Une sensualité que sa distorsion du réel pousse au paroxysme à travers de multiples modes d’expression en résonances amplifiées. “We are Islands” se structure en 5 éléments indissociables qui réévaluent notre rapport au monde, entre équilibre et analyse, conscience et action. Un prisme composé de 2 toiles en technique mixte, “4 Degrees” et “Constamment je brûle”, d’un tirage photographique, “Tout seul”, de neufs galets sacralisés en habits de feu et d’eau et d’une corde de cargo… Une belle invitation au voyage dans l’exploration de nos origines et de nos complexités. Entre les 2 extrêmes, Grégoire Lavigne et Laurent Valéra s’interrogent sur les actes des hommes aux effets inattendus.

Grégoire Lavigne, en armes/outils de bois, pointe du doigt la cohabitation constante de fragilités et violences en nos sociétés. Un va et vient abrupt entre les sentiments antagonistes qui habitent l’homme, déchiré entre désirs de paix ou élans d’altruisme et volontés acérés de conquête et de possession. Son imaginaire transforme les arbres en sculptures-béliers qu’adoucissent ses photographies de la nature.

Laurent Valera se préoccupe de l’estuaire de la Gironde, splendide écosystème dramatiquement menacé par les entreprises humaines, de la Silure, redoutable prédateur marin introduit en ses eaux, aux effets néfastes des centrales nucléaires. Une composition étonnante en “cernes” de films dont la lumière projette les images fragiles de somptueuse richesse et de faiblesses.

Sobres itinéraires de fulgurance

Les 4 autres artistes se projettent dans une réflexion unidisciplinaire. David Duchon-Doris participe à un projet photographique du Collectif Parallèle. Les lignes imaginaires frontalières ou les architectures rectilignes souvent posées dans la solitude de paysages naturels comme des verrues parfois utiles, tels les ponts, ou non, nourrissent son art. Bienvenue dans les décors d’une nouvelle Planète des Singes!

Derrière les gravures de Blandine Galtier, volontairement exemptes d’une quelconque présence humaine, mais tout en émotions d’encres,  se dressent ses oeuvres architecturales de fer et de béton, fortes et fragiles à la fois. Impressionnant!

Fabienne Labansat propose les prémices d’une oeuvre peinte en 10 panneaux, “I still Have Dreams” , d’où surgissent de jeunes hommes et femmes, modernes et si fragiles, dont deux sont happés par leur téléphone portable. Fulgurant et si vrai que cette propension à rester en des bulles…

Enfin, entre Art Brut et Land Art, Gertrud Varailhon met en scène les aiguilles de pin, matières nobles, vivantes et graciles qu’elle colore et assemble en flamboyantes oeuvres murales, tels des ornements vestimentaires ou de décoration qui se parent des plus beaux atours de la nature!

 

Visites, rencontres, animations...

Le parcours scénographique d’Arcad intègre bien des éléments de découverte et d’accompagnement. Les 12 et 22 mai à 17h00, les artistes vous proposent des rencontres au fil de leurs itinéraires, de leurs univers et de leur implication dans ce dispositif. Les 8 mai (16/17h00), 14 mai (15/16h00) et 20 mai (18/19h00), place aux visites guidées de l’exposition. Le 21 mai jusqu’à 23h00, interventions et spectacles lors de la Nuit des Musées!  A noter un espace boutique des plus judicieux où acquérir, à des prix très abordables, de petites pièces des artistes de l’exposition.

Pour toutes infos et horaires, www.bayonne.fr et www.arcad64.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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