Coups de coeur

Published on avril 23rd, 2017 | by MagMozaik

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CIM un créateur « mélancomique »

Avec ses yeux qui pétillent de malice, son sourire spontané et ses mains longues et fines, l’artiste se laisse facilement approcher. Pas question de jouer les stars ! Sa vivacité d’esprit et son enthousiasme n’ont pas besoin d’enrobage, il est « nature ». C’est donc sous le signe de la bonne humeur et de l’humour que Jean-Claude Cimelière, dit « Cim », nous présente ses créations.

Un détourneur d’objets délaissés

Au fil des années, Jean-Claude Cimelière a étudié le comportement des gens autour de lui, écouté leurs propos, observé les objets délaissés et il s’est rendu compte qu’en associant tout ces éléments, son  imagination l’amenait à créer des œuvres représentatives de notre société actuelle.

« La création est un cheminement qui parfois m’entraîne loin de mon point de départ » dit-il. Ce point de départ peut provenir d’une réflexion entendue près de lui, de « l’air du temps », c’est-à-dire de ce qu’il pense de notre société où il estime que tout est ramené à l’argent, ou encore d’un objet trouvé au hasard, souvent jeté et qu’il récupère. Il cherche alors à le détourner de son usage initial en lui offrant une seconde vie, une nouvelle utilisation souvent surprenante, comme ces petites cuillers qui se transforment en écailles de poisson.

Que récupère-t-il donc ? Il pourrait s’agir d’une liste à la Prévert : vieux instruments à vent, robinets en tous genres, lustres en cristal, vertèbres de divers animaux blanchies par les années, végétaux séchés, rouages et mécanismes divers, fer à repasser, bois flottés, filets de pêche échoués sur les plages, loupes, lunettes, chaînes et chaînettes …

Son cerveau est toujours en mouvement, jour et nuit ! Alors, il ne se couche jamais sans un carnet auprès de lui pour noter ses idées. Au matin, il doit trier ses pensées pour ne pas s’y perdre et pouvoir ensuite leur donner forme.

Le maître-mot de Cim, c’est l’humour

Toutes ces créations sont conçues à deux niveaux de perception. Le premier consiste pour le spectateur à simplement regarder l’œuvre, qui peut être animée de mouvements au moyen de mécanismes subtils, à rechercher le petit détail, celui qui provoque souvent le rire. Le second réside dans le message que Cim lui associe, soit dans le titre soit dans l’œuvre elle-même. C’est pourquoi le regard que l’on porte sur l’une de ses créations doit être scrupuleux. Il faut tout regarder dans le moindre détail.

Le grand bonheur de Cim est de présenter lui-même ses créations lors de ses expositions, d’expliquer le message qu’il souhaite faire passer. Les enfants, en particulier, sont fascinés par son travail d’imagination. « J’aime l’idée de semer une petite graine dans leur tête, de leur apprendre à exister, à ne pas céder à la facilité pour arriver à être soi ». Cim regrette que l’abondance d’images qui nous entoure, nous empêche de faire la démarche de rechercher dans notre imagination une idée, une solution pour répondre à toute question que l’on se pose. Il déplore également que le dialogue ne consiste plus guère qu’à l’échange de brefs messages souvent écrits phonétiquement ! Alors, il parsème ses créations de mots d’humeur et d’humour à découvrir si l’on s’approche tout près de ses assemblages surréalistes et poétiques.

Tout petit déjà …

Dès son plus jeune âge, Jean-Claude Cimelière reste auprès de son père et l’aide dans son bricolage en redressant des pointes et des clous pour pouvoir les réutiliser. Cette notion de récupération est très vite entrée dans sa démarche. Il sourit en racontant qu’en 1955, lorsque les stylos Bic Cristal ont envahi nos trousses d’écoliers et nos bureaux, il conservait les tubes cristal, une fois l’encre épuisée, et s’amusait à les transformer en pendeloques pour faire des lampes !

Sa carrière professionnelle l’a ensuite tenu longtemps éloigné de sa passion créatrice car il manquait de disponibilité. Aussi, dès sa retraite il consacre tout son temps à concrétiser ses rêves surtout  après son installation à Biarritz avec son épouse il y a 11 ans. Pour ce faire, il n’a pas hésité auparavant à suivre des cours de menuiserie et de soudure. Il expose depuis 2002 dans tout le Pays Basque ainsi qu’à San Sebastien, Göttingen, Hendaye et Pau

Prendre le temps

Les pièces qu’il réalise lui demandent beaucoup de rigueur dans son travail. Il est très exigeant dans le souci du détail. Il aime choisir des matériaux anciens (métaux ou bois flottés) et leur faire exprimer quelque chose de différent qui n’a rien à voir avec leur usage initial.

Cim prend toujours le temps pour réaliser ses œuvres. De la plus petite (30 cm) à la plus grande (150 cm), durant 8 jours à plusieurs mois, il lui est nécessaire de prendre le recul indispensable pour être au plus près du message qu’il souhaite transmettre.

Courez prendre un bol d’air frais parfumé à l’humour lors de la prochaine exposition de Jean-Claude Cimelière à la Benoîterie d’Arbonne du 7 au 28 mai 2017 (entrée gratuite). Josiane Mersch, qui organise tous les mois de belles expositions dans ce lieu unique, saura mettre en valeur ces pièces d’exception et vous permettre d’approcher ses « compositions improbables à base d’objets délaissés ».

Catherine Bosser pour magmozaik64200@gmail.com

Site : http://jccim.com

Photos : Catherine Bosser

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