Coups de coeur

Published on octobre 26th, 2017 | by MagMozaik

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C’est l’histoire d’un mec…

C’est l’histoire d’un mec dont ne sait pourquoi la vie l’a fracassé, éparpillé en mille morceaux, abîmé de partout, vidé de tout ce qui faisait son humanité, enfin le croit-on…Un mec tout seul, qui traîne sa déchéance dans une carcasse qui a depuis sombré…

Déglingué par l’alcool, bousillé par des conditions de vie effroyables, ce clochard erre dans une solitude qui le ronge. Alors pour se sentir encore vivant avec les mots qui ne sortent plus qu’en désordre, comme un magma incompréhensible, en mots grognements, en mots brutaux, primaires, jaillis de son cerveau embrumé par le froid, la rouille de sa poêle, sa seule compagne d’infortune, il a décidé de se donner le rôle du méchant, car c’est un rôle encore d’humain! Pour se sentir encore vibrer, exister, il s’acharne à se faire mal, à torturer le peu d’objets qui l’entourent comme des compagnons de misère, aussi bancales que lui, s’invente une présence qui ne viendra jamais mais qui de toute façon ne répondra pas. Il tourne, il vire, de peur que la faucheuse ne l’emporte ou ne le tente, se raccroche à ces corbeaux qu’il aime tant, reproduit machinalement un dîner vide de tout mets, et finalement se débat pour hurler confusément qu’il est encore un homme, ce clochard à l’abandon. Mais parfois le passé d’une vie ancienne le rattrape et ça lui fait mal, il ne se sent plus bien du tout, comme un bout de nostalgie qui le frappe d’un seul coup! En ces fugitifs moments, il se prend à rêver de la nuit, à jouer d’un violon qui grince et se lamente, à dire des non-poèmes qui ne sont dans sa bouche que des coquilles vides, brouillonnes, empêtrées dans ce corps meurtri qu’il s’ingénie à lacérer encore et encore…Cette mémoire d’un passé qui finira par l’achever avec fracas.

Un drôle, émouvant et poignant Boudu qu’incarne, en une stupéfiante performance, entre dérision et drame, le clown Bonaventure Gacon, magnifique comédien, acrobate et poète dont la gueule tordue, la barbe hérissée et les lourds haillons superposés frisent la virtuosité tout en fragile sensibilité. Un spectacle créé en 2001, joué plus de 800 fois, qui recevra en 2011, à juste titre, pour sa cruelle interprétation de réalités si pourtant présentes au coin de nos rues, le prix SACD pour les Arts du Cirque. Diplômé en 1997 du Centre National des Art du Cirque, il enchaîne depuis, les succès, notamment à travers les multiples spectacles de son Cirque Trottola . Un vrai choc qui réveille les neurones, à voir de toute urgence!

« Par le Boudu », 27 et 28 octobre à 20h30, grande salle du théâtre Quintaou d’Anglet.

www.scenenationale.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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