Coups de coeur

Published on décembre 6th, 2016 | by MagMozaik

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Biarritz aux couleurs du monde

En cette fin d’année d’ indifférences, de combats politiques stériles, où les présidents à vie d’un autre âge d’intolérance ou de guerre froide trépassent et d’autres plus abjects encore s’emparent de nos destinées mondiales, sans toutefois guère « trumper » personne, il est bon de penser qu’à Biarritz, de grands chefs aux Halles se mobilisent pour les plus démunis et qu’au Colisée des artistes, tout en métissages culturels virtuoses et sensibles, repeignent la ville aux couleurs d’un monde où peintures, photographies et sculptures, fusionnent pour offrir aux biarrots une trépidante, étincelante et virevoltante fin d’année. Du 6 au 15 décembre, ils et elles vous offrent une balade dans leurs imaginaires. Biarritz se met à l’heure de l’humanisme et du partage pluriculturel.

Quatre artistes en harmonie: 2 peintres, une photographe et un sculpteur… Quoi de plus jubilatoire pour traverser et visiter des univers aux inspirations et émotions plurielles ?

Vincent Tessier oscille entre pages d’ouvrages, partitions de musiques et peintures juxtaposées en de subtils collages aux belles thématiques. Pastels, acryliques et autres encres de Chine habillent ses pages de vieux ouvrages et les notes de musique dont les mots et les trilles s’envolent. Une prédilection certaine pour les portraits dont la force et la finesse vous vrillent: De Niro, Pacino, Tautou, Hossein, Tarentino et bien d’autres côtoient avec désinvolture Frida Khalo, magnifiquement saisie entre verbe et notes ou Charlot!

Mais son inspiration ne se limite pas au registre cinématographique! Visages et corps lascifs ou vibrants, émouvants de sensualité et poésie, jouent à cache cache avec des pans de journaux ou de livres, en français voire en chinois ou seuls, envoutant les tableaux de leur seule présence énigmatique et sensuelle. C’est puissant et fin à la fois dans la complémentarité d’écritures et de dessins expressifs. Une belle et incontestable maîtrise qui donne à ses tableaux toute leur texture dense et souvent impertinente ou provocateur. Des registres également très multiples avec un petit coup de coeur pour ses silhouettes noires si vivantes et cette inspiration de femmes  épanouies, ingénues, où plane l’ombre de Milo Manara…Une installation pétillante et burlesque mais néanmoins très sérieuse, au cordeau, que nous avons suivie. Un bel artiste à la croisée des arts, à suivre résolument, chapeau vissé sur la tête…Enfin pas toujours!

Carine Ferrières manie, chose étonnante, le smartphone avec l’oeil esthète des plus grands photographes. Elle signe de son regard d’artiste des instantanés mûrement pensés et scénographiés, jouant de contrastes entre matières rugueuses, éclairages réhabillés avec subtilité d’ombres, lumières et teintes pastel, et angles de vues précisément, délicatement, architecturés en un magie du moment furtif, éphémère. Mais contrairement à ce que pourraient laisser imaginer de son art ses oeuvres, elle ne manipule pas un attirail complexe d’appareils sophistiqués avec téléobjectifs et autres détails techniques dernier cri. Non ! Juste un smart-phone aux applications souples et bien étudiées qui se plient à sa réactivité et sa sensibilité. Avant de pouvoir saisir LA photo, elle l’a déjà en tête, bien imaginée et construite dans l’espace par un regard d’une acuité incroyable, telle cette Tour Eiffel surprise au ras du sol ou ce Pont des Arts dont la rugosité des bancs et la nudité des grilles exemptes de cadenas amoureux mettent l’accent sur un ciel somptueux de luminosité diaphane en une solitude chargée d’émotion brute et fugace.

Car jamais cette virtuose, dernier grand prix des Remp’Arts, ne vous livrera une photographie telle quelle. Outre le point de vue très particulier et l’oeil qui sait d’instinct quoi s’approprier et comment, l’instant saisi au vol subit quelques modifications qui lui apporteront toute sa charge émotionnelle, véritable signature de la jeune femme, en équilibres et symétries dont l’apparente froideur bien léchée laisse surgir une vague sensuelle de présences humaines en filigrane, comme des traces d’histoires vécues là, telles ces eaux d’Hossegor dont les remous cachent le sillage d’un bateau, semant derrière lui des nuages effilochés, comme accrochés aux reliefs de la côte… Horizons incertains où l’océan fusionne en volutes tourmentées avec le ciel. De Bilbao aux magnifiques architectures revisitées par son objectif à celles, insolites, presque incongrues, en télescopages d’époques, de Paris ou la Défense, du Pont des Arts au Sacré Coeur, vibrant d’une aura de tumultes passés, toute un intensité de vie jaillit de ses photographies… Un talent ciselé en dentelles de détails à suivre de toute évidence dans cet univers où l’urbain et les espaces solitaires dialoguent étrangement. Dès le 5 décembre elle nous entraine en République Dominicaine au Colisée pour d’ébouriffantes découvertes..

Patricia Bretel, petit bout de femme d’une douceur et d’une délicatesse infinies, nonobstant son côté parfois très cartésien. Peindre à l’acrylique les femmes, elle adore et ça se voit dans le mystère de ses personnages secrets, saisis de dos, la tête nonchalamment inclinée ou de face, comme cette élégante et fragile danseuse. Elle se sent toute petite, humble face aux autres artistes mais son talent n’a rien à leur envier. Il lui manque juste d’être vue, reconnue enfin et de comprendre qu’elle a sa place parmi les grands. Fred Vadé nous a habitués depuis longtemps à ses vagues de résine qui déferlent sur nos côtes biarrotes. Une impétueuse énergie que l’on retrouve dans ses totems au nombre d’or énigmatique et ses tableaux lumineux translucides . Et c’est justement ses tableaux là qu’il nous propose en harmonie avec les tableaux sensuels de Vincent Tessier. Un artiste virtuose, élégant dont on ne sait guère qu’il est aussi décorateur du Malandain Ballet, fort pris de surcroit par la nouvelle création, Noé, qui s’annonce pour janvier 2017.

Nous avons vécu avec infiniment de grâce et de tendresse l’installation de l’exposition au Colisée, pleine de visites surprises, de rencontres uniques, de petits gâteaux partagés, de rires, de sourires et d’émerveillements en découvertes réciproques toute la journée du 6 décembre. Le 8, le vernissage s’annonce flamboyant, éclatant, à la mesure de ces deux hommes et ceux femmes, parité oblige! Aux manettes, Alexis Ahidous et votre serviteur !

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Mathieu CLERC et videos Philippe SIRET

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