Coups de coeur

Published on octobre 24th, 2017 | by MagMozaik

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Barbecho ou les affres de la création

Nous constations récemment à quel point se conjuguent et s’enrichissent, dans un cadre culturel et identitaire transfrontalier, danse basque traditionnelle, voire revisitée à l’aune des chorégraphies contemporaines et danse néo classique dont la haute technicité est nécessaire à toute ambition d’une compagnie. Avec le collectif Bilaka, Kukai Dantza de Jon Maya ou Dantzaz Konpainia, Naxo Montero en est l’illustration vivante par sa place étonnante et atypique dans le paysage chorégraphique de notre territoire.

Né à Bilbao et formé à la danse basque traditionnelle, cet artiste curieux de toutes les virtuosités indispensables à ses modes d’expression a su prendre le temps de s’initier à la danse contemporaine traditionnelle, parcourant ainsi l’Europe en ses quêtes d’excellence techniques, sachant intégrer une mémoire vive de tous les grands créateurs contemporains pour mieux la mettre au service de ses propres rêves de gestuelles ou de ses propos imaginaires. Une démarche qui n’a eu de cesse de l’interroger sur la place de l’artiste et de ses interprétations questionnantes dans le monde de la danse. De cette curiosité neuve et ouverte à toutes les réponses possible est née cette oeuvre insolite, insolente dont le succès en Espagne est foudroyant: Barbecho. En espagnol Barbechar signifie labourer la terre comme un danseur en arrive à labourer aussi le champ de tous les imaginaires et de la manière de les transposer en tableaux vivants que chaque chorégraphe sait se ciseler ou apprend à le faire par instinct. Labourer la terre de la création c’est aussi la pétrir, la ressentir avec animalité pour mieux la sublimer. Cette oeuvre là porte en elle tous les symboles forts d’un territoire physique, animiste, animal qui se fait poésie et transcendance d’une réalité identitaire, culturelle. De ces corps abrupts, luisants d’élégances bouillonnantes mais à têtes de porcs, naissent des duos virtuoses comme si, au coeur de la boue et de la glaise, de forgeaient de magiques créatures étincelantes en osmose complète avec leur terre, leur pays, leur langage, leur identité ouverte à toutes les pluralités culturelles, pour mieux construire des labyrinthes tableaux nés de la boue. C’est sublime de rugosité et de finesse fragile à la fois, de brutalité primaire et d’incandescence subtile à la fois. Un spectacle tout en énergie positive et vivacité jubilatoire à ne pas manquer. C’est ce soir, au théâtre municipal de Bayonne, proposé par la Scène Nationale, avec le soutien de multiples structures tels le Département Culture du Gouvernement Basque ou l’Institut Etxepare.

Direction artistique: Natxo Montero, interprétation: Laia Cabrera et Natxo Montero sur des musiques détonnantes d’Antonio Vivaldi et Jean-Sébastien Bach.

www.scenenationale.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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