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Published on août 7th, 2014 | by MagMozaik

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Bach to the future! (opus 4)

Imaginons un insolite scenario! Emmett Brown, à bord de sa mythique De Lorean DMC 12,  débarque en Europe; en Allemagne plus précisément; vers 1740 nous dirons! Séduit par le génie musical d’un certain Johan Sebastian Bach, il le convainc de vivre une belle aventure dans les hautes sphères du paradoxe temporel, avant qu’il ne perde la vue, juste pour réaliser l’incroyable impact de son oeuvre, mais aussi sa réappropriation, souvent rebelle – quoique toujours respectueuse-, par de grands artistes!

Les voilà partis direction le Gabon, Lambaréné, où un petit homme alsacien, le docteur Albert Schweitzer, nourrit une passion pour l’orgue et les oeuvres de Bach justement. Curieux personnage… Prix Goethe en 1928 et Prix Nobel de la Paix en 1952! Une belle rencontre. L’improbable voiture repart… Quelques décennies plus tard… Hugues de Courson enregistre Bach l’Africain, splendide hommage au petit docteur et à son compositeur de prédilection… Fusion détonnante et précieuse de 2 univers. Emmett Brown, espiègle, s’amuse de la stupéfaction de son passager qui, pourtant, commence à apprécier son périple. Il n’a cependant encore rien vu!

 Bach made in Biarritz

Le meilleur reste à venir ici, à Biarritz, où un drôle d’électron libre sublime sa musique. Un petit détail étrange cependant: ce jeune virtuose, époustouflant de grâce, ce jeune prodige en communion totale avec Bach et son piano, bouscule tous les codes protocolaires du concert classique. Il joue sur deux pianos en même temps, flirte avec le swinging London, les Beatles ou Glenn Gould, cisèle ses partitions dont ses propres chansons se font l’écrin en concert, inscrit sa passion sur un visage qui exprime toute sa jubilation et son émotion d’offrir sa subtile et puissante interprétation des concertos pour piano… Bach, agréablement surpris, s’assied au premier rang, en ce soir du 6 août 2014, au Casino Bellevue, pour savourer quelques instants intenses de bonheur, hors du temps..

Un concert magistral

La salle? Archi comble! Jamais il n’a connu pareille foule, juste venue surfer sur ses notes dans un silence chargé d’émotions palpables. Rentrent 4 jeunes femmes -3 violonistes et une violoncelliste- toutes de noir vétues, talentueuses en diable en de multiples registres allant du baroque au jazz. Amusantes les chaussures rouges songe-t-il! Le quatuor Arranoa (l’aigle en basque, Marina Beheretche, Laura Prieu, Aude Fade et Emmanuelle Bacquet) s’installe discrètement, suivi du contrebassiste Marin Bea , de l’Orchestre Régional Bayonne Côte Basque. Le public attentif attend l’arrivée de ce jeune homme que suit une solide réputation de rock’n roller de Bach, une Bachstar en somme. Tel du vif argent surgit un feu follet manifestement ravi de rencontrer tant de mélomanes. Petit numéro de lutin décidé à surprendre, un brin ironique avec tendresse… Bizarre, vous avez dit bizarre… comme c’est étrange se dit le Maître! C’est donc en blouson noir et argent que l’on se présente en cette époque. Et ce motif rayures et étoiles? Le drapeau américain lui souffle Emmett amusé. Bien. Ecoutons, mais avec scepticisme, pense-t-il, comment il vivra mes concertos pour piano, version quintette, n°s 3 et 5. Son nom?? ahhhh Evan Shinners!

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Voilà enfin que débute le concert.. Mais, oups, il ne s’agit pas de MA musique! Non! Cette mélodie chantée par le soliste et les jeunes femmes, sur fond un brin psychédélique de video, c’est une composition du pianiste, virvoltante. L’incarnation même du personnage, surdoué mais un tantinet décalé. Et surprise! Fondu enchainé sur les notes du premier concerto… Magique! Les doigts entrent en symbiose avec les touches et la partition, le pianiste en communion totale avec les musiciens dans une même passion jubilatoire pour Bach, ce monstre sacré. Un phrasé délicat et limpide, un déroulé vibrant… du grand art. Les fines mains du jeune prodige dansent et se jouent des successions de notes. La musique se fait émotion, caresse, enchantement, vie…Plus d’une heure, si vite écoulée, devant une foule définitivement hypnotisée et séduite par tant d’élégance, de talent fantasque et fantastique. Un éblouissement. Une véritable ovation ponctue la fin du concert. 3 rappels! Bach n’en revient pas, dont les applaudissements surmontent tous les autres.

Bach…to the past!

Mais il est grand temps de repartir. Sur la grande plage, les enfants regardent s’envoler la De Lorean, des étoiles dans les yeux… Wouhaouuu!! Et nous? Nous regrettons que cette 5ème édition du festival International de Piano Classique s’achève déjà, en apothéose! Un bel événement qui ne cessera de gagner en qualité et puissance. Un grand merci à Thomas Valverde qui a su nous “em-portée” vers des cîmes musicales inégalées, à la ville de Biarritz,  écrin de ce festival, à tous les bénévoles ou sponsors qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour nous réserver un merveilleux accueil et enfin à tous les artistes venus corps et âme, avec élégance, nous offrir le nectar de leur talent.

www.quatuorarranoa.com

www.orbcb.fr

www.festivalpianoclassique.com

Catherine CLERC, contact@magmozaik.com

 

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