Politiques culturelles

Published on septembre 16th, 2016 | by MagMozaik

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Aux arts citoyens…Etc!

Patrimoine et citoyenneté telle est la thématique abordée cette année par les Journées Européennes du Patrimoine qui, depuis 1991, concernent quelque 49 pays décidés, en un week-end pour le moins actif, à valoriser des patrimoines pluriels, architecturaux, historiques, culturels, identitaires et immatériels de tous ordres, à n’en plus savoir où donner de la pierre vénérable! L’occasion, les 17 et 18 septembre prochains de revisiter en partitions multiples, du traditionnel au plus insolite, nos cadres de vie quotidiens si souvent oubliés le reste de l’année et qui méritent pourtant bien des rappels de mémoire collective. Mais le patrimoine n’est-il pas, par définition, citoyen car culturel et historique car la thématique citoyenne reste une globalité de vie au quotidien qui se décline en de multiples dimensions, notamment festives, artistiques et culturelles au sens large du terme!

On passera, bien sûr, sur les traditionnelles et obligées visites guidées de tout ce qui fait ici l’attrait touristique de nos joyaux architecturaux, d’églises en fortins, de murailles en hôtels particuliers ou musées de siècles immémoriaux, de parcs écologiques en promenades lacustres ou maritimes pour s’attacher davantage aux petites perles rares et cachées, comme ces cages d’escaliers bayonnaises, ou aux initiatives pertinentes qui émaillent ce programme, de Socoa à Bayonne, en passant par Saint Jean de Luz, Anglet ou Biarritz, pétries dans leurs murs d’histoires si différentes et pourtant si semblables dans leurs registres! Des initiatives qui offrent un large spectre, des ouvrages mémentos aux maquettes évolutives en passant par l’appropriation de lieux splendides, du XVIème siècle aux années folles de l’art déco, par des artistes contemporains qui, en expositions éphémères ou plus ancrées, redonnent une flamboyance moderne à ces témoins de notre histoire, ou par ces patrimoines immatériels qui reflètent toute un culture et un art de vivre ou de se vivre territoriaux. A noter que bien des événements ou expositions de grande qualité, inscrites en des lieux patrimoniaux, coïncident avec ces journées. L’occasion de les découvrir ou revoir, revisités pour certains en modes théâtral, chorégraphique et musical.

Bayonne, ville d'art et d'histoire

Label oblige, la cité développe depuis quelques années l’ambition d’inscrire la vie citoyenne et culturelle au coeur de ses plus beaux fleurons architecturaux. L’été aux Remparts, à travers son riche programme imaginatif, le prouve à l’envi, en écho aux politiques similaires impulsées sur Pampelune ou Fontarabie. Mais plus encore, toute une stratégie de redynamisation des quartiers et centres de vie passe par une réhabilitation d’anciens édifices destinés à cristalliser, à travers la vie culturelle nécessaire, toute une vie citoyenne. C’est le cas du Didam auquel s’adjoindra bientôt le nouveau complexe de cinéma de l’Atalante sur la rive droite. Les remparts, bastions et autres casemates sont rénovés, abritant de plus en plus un fourmillement d’événements comme ce fut le cas des Remp‘Arts sur le chemin de ronde entre la Tour de Sault et la Porte d’Espagne. Musiques diverses, confréries et penas investissent aujourd’hui bien des anciens bâtiments où se faisait le guet pour défendre la ville! Le militaire défensif se fait aujourd’hui ludique, ouvert à tous les partages de cultures. Un label dont la charte oblige la ville à éditer un ouvrage présentant tous ses atouts , tant architecturaux qu’historiques ou culturels spécifiques. « Parcours Bayonne » parait à l’occasion de ces 33èmes journées, à destination des habitants et des touristes.

Un véritable festival d’animations et de propositions culturelles drape la ville en ses somptueux atours architecturaux de haute couture et dentelles de pierre ! Les visites guidées foisonnent, s’interrogeant sur ce que signifie, pour chaque citoyen, naître ou être bayonnais dans un petit rappel de mémoire: Hôtel de ville, Scène Nationale, Collège Marracq, édifices religieux, les casemates, et les quartiers arpentés en parcours découvertes. Un questionnement inauguré en ces journées par l’ouverture du nouvel « Atelier des Publics », en liaison avec le Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine, en l’ Hôtel de Hauranne, à l’ombre de la majestueuse cathédrale, souvent investie par les artistes, musiciens et artisans toute l’année en réappropriations très modernes. Tout comme le feront, du reste, les habitants sensibles à cet appel – « Aux Archives, citoyens » – histoire de se s’immerger en un riche passé urbain, avec, en écho, l’évocation, au Musée Basque et le l’histoire de Bayonne, de Frédéric Bastiat, grand économiste du début XIXème siècle, « citoyen bayonnnais et citoyen du monde », ou l’hommage rendu aux métissages culturels de la ville à travers la communauté juive qui façonna le visage de la cité (le chocolat!!) en ce même esprit de citoyenneté.

Côté expositions, quelques grands succès de l’été se rappellent, Donostia 2016 oblige, à nos bons souvenirs, d’autant qu’ils on fait exploser les chiffres de fréquentation du Musée basque et de l’histoire de Bayonne ou du Didam! Les « Traités de Paix » y poursuivent leurs flamboyances et leur rareté, tandis que “Donostia avant 1813” nous offre la plus belle aventure en 3 D jamais vécue en ces lieux. La « Cage d’Escalier » de Raoul n’a rien d’une nouveauté et c’est heureux mais chaque année apporte son lot de nouveaux artistes qui jonglent entre marches somptueuses et vastes murs montants vers la lumière du plafond! Un vrai régal, bien éphémère hélas. Un peu plus loin, le Château Vieux, haut lieu de la famille De Gramont, accueille Laurence Sangorrin et Eric Bourdon en sa salle des gardes. La performance occupe aussi toute sa place avec les « Entrelacs citoyens », bel atelier de sculpture sur pierre animé par Valérie Tatin. Des « Villas et jardins de la côte basque » aux Archives, à « Bayonne les yeux en l’air-Nous sommes tous Bayonne » à la Maison de la Ville en passant par « Bayonne de mon enfance » de Michel Etchelet au Bristol M, l’art de la photographie tient bon la rampe!

Enfin, le patrimoine intemporel s’incarne en deux symboles majeurs de la ville, hauts en couleurs et saveurs d’antan. Le chocolat ? C’est l’ADN de la ville! Des artisans chocolatiers (L’Atelier du Chocolat, Cazenave, Daranatz, Pariès et Pascal) de la cité se mettent en 5 pour quelques savoureuses dégustations et délicats savoir-faire. Quant à la pelote basque, si présente ici, elle célèbre les 80 ans du Trinquet Louis Etcheto, le samedi 17.

Pour toutes infos, dates, horaires, lieux et tarifs éventuels: www.bayonne.fr

Voir aussi pour mémoire:

Anglet, l'écologie en poupe!

La ville mise sur son exceptionnel patrimoine naturel en ces deux journées, mais aussi sur l’art et ses structures architecturales anciennes ou récentes, propices à toutes les formes de culture qui les investissent avec inventivité. Las, cette année, point de Château de Baroja qui subit une cure de jouvence nécessaire mais bel et bien d’autres espaces, fleurons patrimoniaux de la cité angloye.

Le parc Izadia fait l’objet de nombreuses visites que prolonge « La Littorale » dont nous avons déjà longuement parlé et dont l’un des artistes, Abdul Rahman Katanani, bénéficie d’une exposition particulière au Patio de l’hôtel de ville du 17 septembre au 2 novembre avec ses « jardins d’oliviers », entre guerre et paix. Une biennale que s’approprie, en “Résonances”, la troupe des Chimères. En 12 parcours théâtralisés autour de 5 oeuvres de « La Littorale », les Chimères redonnent sens à une biennale dont nous exprimions récemment toute la perplexité critique qu’elle nous inspirait quant à la pertinence de certaines perceptions artistiques et le choix des créateurs invités sur des thématiques au demeurant fort louables. Quelques vagabondages imaginatifs d’une heure 20 minutes nous proposent les 17, 18 septembre et 1er, 2 octobre, à 11h00, 14h30 et 16h30 à la Barre, d’évoquer, en compagnie de Jesus Aured, tous les axes de questionnement que les artistes se sont ici appropriés (article à venir). Une seconde exposition, déjà vue à Biarritz et Saint Sébastien, se pose à la bibliothèque, après avoir tourné sur les 7 provinces basques avec succès. Soka Dantza” donne en écho, avec l’Institut Culturel Basque, carte blanche à Gabrielle Duplantier qui égrène là de magnifiques photographies noir et blanc autour du thème de la danse.

Au Quintaou, le collectif Bilaka reprend un spectacle proposé déjà à Bayonne lors de la récente Fête de la Musique, « Negua », tandis qu’une conférence de Barbara Polla, écrivain, galerie et ancienne élue suisse, (samedi 17 à 11h00, salle des fêtes de la mairie) propose une réflexion sur l’art comme arme de paix et non de guerre, en écho aux fameux « Jardins d’oliviers ».

Pour toutes infos sur les dates, horaires et lieux: www.anglet.fr

Pour mémoire: http://www.magmozaik.com/escroquart-littoral/, et http://www.magmozaik.com/soka-danza-une-etonnante-surprise/

Biarritz, entre arts, patrimoine et océan

Comme en bien des villes, les Journées des 17 et 18 coïncident avec de grandes manifestations et des événements phares. Comme partout aussi, patrimoines obligent, une multitudes de parcours- découvertes s’organisent dans la cité dont les bijoux architecturaux reflètent une histoire pour le moins riche, entre styles impérial, victorien et art-déca ! Une vivacité, une flamboyance et un bouillonnement de vie qu’évoquait, avec superbe, la récente exposition consacré au légendaire Alfred Boulant.

Outre les balades de Saint Martin à Beaurivage, dans la chapelle impériale et autres édifices religieux ou à travers le Domaine de Françon, Bien des musées et lieux de tradition s’ouvrent au grand public: Le Musée Historique, le Musée Asiatica, le Musée  du BO, l’Aquarium Musée de la mer, la Cité de l’Océan, le parc impérial ou le Phare. L’occasion également, dans tous les quartiers, de prendre le temps de découvrir des somptueuses villas et de châteaux, de l’avenue de l’Impératrice à Ilbarritz, ou de faire une halte gourmande à l’emblématique pâtisserie Miremont.

Mais surtout, d’exceptionnelles expositions attendent d’être vues ou revues! Dans le cadre du Temps d’Aimer la Danse, la photographe Polina Jourdain-Kobycheva propose, à la Crypte Sainte Eugénie, son travail stupéfiant autour des danseurs du Malandain Ballet, suivis pendant 2 ans. A noter, le 18, dans le hall de la Gare du Midi, une exposition de fabuleux clichés saisis au vol de l’émotion et de la grâce lors des événements de ce Festival par Caroline de Otero, Luna Campet et Stéphane Bellocq. Au Casino Bellevue, ne pas rater l’incontournable manifestation artistique de l’été avec « Indura », l’exposition de Pierre Gonnord enrichie d’époustouflantes sculptures de Zigor, Oteiza, Chillida et Mendiburu. Et pourquoi, pour mieux encore savourer vos visites, ne pas acquérir les magnifiques catalogues ?

Un week-end également placé sous le signe de la Fête des Halles, tout en belles découvertes gastronomiques -notre patrimoine immatériel aussi! -, en musiques et festivités conviviales. L’occasion aussi de découvrir Mintzalasai avec un joli parcours de Biarritz en sculptures basques par Zigor (navettes gratuites Chronoplus).

Pour toutes infos sur les lieux, les dates et horaires: www.biarritz.fr

Voir aussi pour mémoire: http://www.magmozaik.com/des-halles-festives/, http://www.magmozaik.com/labsolu-a-letat-pur/, http://www.magmozaik.com/mystere-boulant-un-grand-seigneur-oublie/, http://www.magmozaik.com/lhumanite-saisie-au-fil-de-lemotion-pure/

Partout sur le territoire vous pouvez, si l’envie de vagabonder vous prend, dénicher de petits bijoux d’art et de culture inscrits dans divers patrimoines, matériels ou immatériels. Il vous suffit de vous munir des fascicules de vos villes respectives ou de consulter le site officiel des Journées Européennes du Patrimoine pour trouver votre bonheur, d’autant que Chronoplus vous propose des tarifs pour le moins attractifs pour muser et vous amuser.

Juste cependant un petit focus ( nous y reviendrons plus amplement ce week end ), sur une belle initiative de l’association Itsas Begia de Ciboure et de Bleu La Galerie de Saint Jean de Luz qui, dans la lignée de l’expérience en 3D de « Donostia avant 1813 », présentent, en une maquette évolutive et 6 séquences chronologiques, l’histoire architecturale du Fort de Socoa, de 1627 à nos jours. Un fantastique travail de recherches et de construction à découvrir jusqu’à la fin de la semaine prochaine! Un livre de cette aventure étonnante paraîtra à l’automne.

www.itsas-begia.com, www.itsasondarea.eu et www.bleu-lagalerie.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Mathieu CLERC et videos Philippe SIRET

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