Coups de coeur

Published on septembre 3rd, 2017 | by MagMozaik

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Au premier temps de la valse…Abdel chante Brel!

Il arrive seul sur scène, gauche, timide, dégingandé dans son costume anthracite d’un temps d’Olympia. Quelques notes et voilà que l’alchimie embrase la salle. Abdel chante Brel sans jamais copier, juste en incarnant jusqu’au bout de la passion cet immense artiste qui nous manque tant.

Abdel Khellil, l’ Hendaia Film Festival nous le révélait voilà bientôt 3 ans sur des airs de Brel portés au paroxysme de l’émotion pure, tant ce jeune homme incarne l’homme et vibre de ses magnifiques chansons! Un moment rare à la rencontre d’un artiste virtuose et troublant de vérité attachante, accompagné pour l’occasion de la Luna Negra d’accents du sud sur partitions de flamenco et de musique orientale avec M. Oudghiri à la guitare et I.Etcheverria aux percussions. Un hommage au grand voyageur que fut l’icône belge. Aux premiers temps de la valse du temps, Abdel nous entraine en un tourbillon de mémoire qui nous ramène au temps où Bruxelles chantait, où Amsterdam accueillait quelques marins hurlant leur solitude en refrains dont un basque qui s’invite sur nos tréteaux, au détour d’une horloge qui dit oui qui dit non sans se satisfaire de bonbons!! A moins de 30 ans, le jeune homme s’est creusé un sillon d’émotions pures ciselées au coeur de ses tonalités puissantes. Il n’est pas Brel, il le ressuscite en variations subtiles et contemporaines ourlées de sonorités orientales ou locales le plus souvent. Dans le sillage de son idole, il trace son chemin entre spectacles et restaurant marocain ouvert à Irun dont l’ambiance délicate aurait sans doute plu à notre belge citoyen du monde. Car voilà bien ce qui unit les deux hommes: le goût de la liberté, de l’insolence, de l’humanité qui fit se poser Brel aux Marquises, en cette terre de Gauguin, et se poser Abdel en cette ville de tous les métissages culturels et linguistiques, à la croisée de toutes les tolérances. Cette fragilité aussi qui se sculpte sur le visage de ce jeune homme si doux et humble en dépit de son immense talent. Oui, il n’est pas Brel mais son digne héritier sans jamais prétendre l’être par pudeur et respect. Oui, il n’est pas Brel mais il en a le potentiel artistique. Un jour sans doute, la confiance venue en ses propres capacités, nous offrira-t-il un talent neuf débarrassé de ces béquilles-là et que l’on sent sourdre en lui sur d’autres rythmes, d’autres rivages, d’autres cultures plus intimes. Pour l’heure, il se produit à la Luna Negra pour nous dire que non, nous ne sommes pas tout seuls!

Luna Negra, du 14 au 16 septembre 20h30, toutes infos sur gamme tarifaire: www.lunanegra.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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