Coups de coeur

Published on septembre 18th, 2015 | by MagMozaik

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Au delà de la grâce, la perfection absolue!

Au delà de la grâce, élégante, aérienne, qui sculpte l’air en envolées gestuelles, au delà de la virtuosité technique et de la synchronisation des mouvements au cordeau, au delà des corps d’artistes frisant la beauté absolue en figures impeccables de somptueuse maitrise, au delà de l’émotion pure, du plaisir jubilatoire de danser ou de se laisser emporter par les chorégraphies de maîtres jusqu’à l’ivresse délicieuse… Qu’existe-t-il? Juste les 17 danseurs de la Compania Nacional de Danza de Espana, présents ce soir sur plus d’une trentaine que compte la troupe, menés avec rigueur, audace, excellence et impétuosité par son génial directeur artistique  José Carlos Martinez! Trois pièces chorégraphiques au programme, choisies avec subtilité et sens extrême de l’harmonie par cet ancien danseur étoile à la carrière prestigieuse, émaillée de multiples prix à la mesure de son talent hors normes. Trois actes d’une même composition aux enchainements tour à tour épurés ou surprenants par leur provocation mutine, ludique et pour le moins endiablée.

 

Premier acte: Sub d'Itzik Galili

Ambiance japonisante avec cette première chorégraphie très symbolique de la nouvelle danse israélienne tout en puissance et composition esthétique. 7 danseurs , torses nus et jupes de combat japonaises s’affrontent en figures qui inventent d’improbables sculptures corporelles. Univers viril tout en force et énergie…Un cri exacerbé de vie intense jusqu’au bout des muscles sollicités jusqu’à l’épure et le déchirement quasi extatique des corps poussés à l’extrême de leurs émotions brutes. Pas de répit pour ces multiples entrelacements de corps qui se collent, fusionnent pour mieux se déchirer en une gestuelle de virilité harmonieuse. Un tableau de maître admirablement servi par la musique de Michael Gordon et Weather One, les costumes de Natasja Lansen, les lumières de Yaron Abulafia et la mise en scène de Léonardo centi.

Acte 2: Hommage à William Forsythe

Plus qu’un classique, Herman Shmerman représente un pièce culte où seul importe le plaisir de la danse, poussée au paroxisme de l’esthétisme et de la complexité technique en un langage gestuel fluide dont le vocabulaire futuriste donne les clefs d’une grammaire chorégraphique à venir. Aspects classiques de prime abord pour un exercice virtuose très codifié et exécuté sur pointes en des notes de Thom Willens. Gianni Versace collabora à l’élaboration de costumes sensuels pour un ballet de 1992, désormais inscrit au répertoire de nombreuses troupes prestigieuses.

Un dernier acte jubilatoire

C’est à ce stade que surgit notre coup de coeur. L’entracte annoncé est déjà intervenu et déjà, dans l’incertitude, des spectateurs quittent la salle…Et pourtant, devant le rideau baissé, un curieux personnage en costumes des années 50 esquisse quelques pas sur fond de musique jazzy et blues. Un intermède? Intrigués, nous observons l’éveil des pas, du rythme qui va crescendo… Et puis le rideau s’ouvre comme pour donner à cet insolite trublion l’espace qui convient à ses déhanchements de plus en plus élaborés en un chaos organisé et frénétique. Le brouhaha de la salle s’estompe peu à peu quand surviennent d’autres danseurs dont les mouvements se calquent sur le rythme du premier. Un, deux, trois…. tous arrivent en scène en une déstructuration des corps qu’apprivoisent peu à peu des partitions musicales multiples: sons traditionnels cubains et israéliens, techno ou Dean Martin…

Voilà qu’en une harmonie dissonnante chaque danseur, en costume et feutre vissé sur la tête, se lache en un cercle de chaises, sur un chant israélien, pour une palette gestuelle écorchée et virevoltante. Duos envoutants et revient le groupe des danseurs et danseuses au costard crooner! Ils descendent dans la salle et choisissent des spectateurs qu’ils entrainent sur scène, les intégrant à leur chorégraphie ludique, preuve que la danse reste un langage universel et festif! Superbe improvisation due à la créativité du chorégraphe israélien Ohad Naharin. Impressionnant, séduisant en diable et Jubilatoire! Une salle conquise et séduite qui réserve à cette fabuleuse compagnie une standing ovation pour le moins émouvante! On en redemande!

Magmozaik64200@gmail.com

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