Opérateurs, prescripteurs, associations

Published on novembre 1st, 2016 | by MagMozaik

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Arcad à la croisée des chemins

En ces temps de budgets culturels drastiques ou de pratiques amateurs qui pénalisent nombre d’artistes,  Arcad se bat corps et arts pour défendre et accompagner au quotidien les créateurs locaux, toutes disciplines confondues. Cette rentrée 2016 marque un tournant majeur dans l’histoire de l’association qui s’installe dans de nouveaux locaux, s’apprête à mener tambour battant l’exposition Pasabidéan de Mendi Zolan à Hendaye et développe des projets porteurs. Petite rencontre avec toute l’équipe, Colette Capdevielle, députée de la circonscription, et Jean-Michel Barate, adjoint à la culture d’Anglet.

Une page se tourne

Toute l’année, les feux des projecteurs se braquent sur les temps forts réguliers organisés par l’association, entre quelques « Impromptus », ici et là, qui laissent de jolies cartes blanches aux artistes pour mieux s’exprimer et se rencontrer.  Après la version inaugurale en 2015, « Sans Titre » s’ancre sur le Didam à l’aube de nos étés, avec, en 2016, « Sous(-)Tension » en belle résonance des « Traités de Paix » de la Fondation Donostia et de la ville de Bayonne. Anglet Jazz Festival lui emboite le pas en septembre, l’occasion de découvrir d’incroyables talents nationaux, internationaux mais surtout locaux sous la houlette de Marc Tambourindeguy, son directeur artistique et pianiste émérite. Enfin octobre ou novembre, selon l’année, sertissent la dernière grande exposition d’Arcad, « Pasabidean, artistes de passage » en partenariat avec le Centre Culturel Mendi Zolan d’Hendaye.

Voilà pour la partie visible de l’iceberg car toute l’année, l’association agit en véritable passerelle de défense pour accompagner au quotidien les artistes dans leurs démarches et leurs droits à faire respecter. Aujourd’hui elle représente 200 plasticiens, 77 intermittents du spectacle vivant et compte 1200 créateurs dans ses fichiers. Un travail gigantesque accompli par seulement 7 personnes dont la présidente, plasticienne par ailleurs, Hélène Fédida, toujours prompte à défendre ses protégés sur toutes les scènes, toutes les salles et tous les espaces d’exposition du département.

Beaucoup de chemin parcouru depuis 2003, année de sa création. Aujourd’hui, elle doit quitter ses pénates pour cause de démolition et poser ses valises, grâce au concours de la ville d’Anglet, dans la villa Minerva toute proche. Un déménagement qui fait germer de nouvelles idées comme celle d’inscrire, en diverses actions encore à définir, l’art au coeur du quotidien de ce quartier. Mais tout reste encore à l’état de projets qui augurent bien néanmoins de sa vitalité renforcée. Une autre envie s’esquisse du côté de la Villa Tenaya pressentie pour accueillir une Fondation pour l’art contemporain et où Arcad pourrait un temps s’établir en attendant la réalisation de ce qui n’est encore qu’un rêve, un vaste espace de 1000m2 permettant de structurer des ateliers, des studios, des structures de formation, de diffusion et de médiation. En attendant, dès 2017, la ville, de son côté, oeuvre pour acquérir l’ancien atelier du peintre Vizeux dont la veuve cèderait un ensemble de 5 à 600 m2 lié à un fantastique patrimoine documentaire et, par la suite, des oeuvres de son époux, à la ville. Une action à suivre de près ! Pour l’heure, actualité oblige, Arcad se fait hendayaise!

"Pasabidean", regards d'artistes "sous tension"

Du 4 au 6 et du 8 au 13 novembre, en partenariat avec le Centre Culturel d’Hendaye, Mendi Zolan, Arcad propose une approche inédite et singulière du concept d’exposition. Il ne s’agit plus de présenter simplement des oeuvres de manière statique et convenue mais de les mettre en scène sur une notion de passage de sorte qu’un vrai dialogue s’instaure entre publics et artistes. Passage ou plutôt passages tant la lecture de l’exposition est plurielle: Passage d’un artiste à l’autre, d’un univers créatif à l’autre, d’une région à l’autre, d’un pays ou d’une culture à d’autres ! C’est toute une scénographie que les visiteurs vivront en direct, au fil d’un parcours magnifiquement orchestré par Florence Douyrou autour de démarches artistiques uniques et de modes d’expression aux riches variations, dans le droit fil du thème, déjà décliné par « Sans Titre 2 » au Didam,  de la Paix « sous(-)tension ». 15 artistes au total (8 français et 7 espagnols), en résonance avec Donostia 2016, tissent une trame de vagabondages entre Espagne et France, ponctuée de rencontres multiples en danses,  chants, musiques et d’initiations ludiques ou gourmandes à l’art. Un dernier lieu, la boutique, se consacre à la vente des oeuvres exposées mais aussi à celle de pièces plus petites ou de produits dérivés. L’affiche est signée Claude Billès.

Coté français, Adrien Basse Cathalina (photographies sonorisées), Maryline Bousquet (photographes d’architectures “forteresses”), Julien Garnier (énigmatique plasticien des mythes), Gaëlle Guingant-Convert (céramiste très organique et minérale), Marie Labat (plasticienne), Thomas Loyatho (plasticien magicien des structures habitées de souffles humains), Pascale Orellana (plasticienne des dentelles en fibre de métal) et Gilles Plantade (sculpteur des chaos organisés) conjuguent leurs talents en dialogues et variations sur ce thème des tensions, fragiles franges entre conflits et paix, intérieurs ou extérieurs. Côté espagnol, une sensibilité sans doute plus exacerbée par la notion de frontières réelles, pshychiques ou éco-responsables avec Miguel Aranburu Urruzola (sculpteur préoccupé par les problématiques de la pêche à outrance), Juan Luis Baroja-Collet (graveur et sculpteur des constructions mentales complexes), Xabier Celestino (plasticien de ces petits riens que l’on finit par oublier), Oier Gil Zapirain (plasticien inspiré par l’absurdité des frontières géographiques), Izaro Ieregi (plasticienne de la génération post-Eta, y, en recherche de nouveaux repères identitaires), Myriam Isasi (plastienne exploratrice des chemins clandestins entre France et Espagne) et Nagore Legarreta (photographe du sténopé). Une trame forte tissée entre deux rives de la Bidassoa à découvrir d’urgence.

Une exposition ourlée d'animations pertinentes

Si l’accès à l’exposition reste restreint du 4 au 6 et du 8 au 13 novembre, de nombreuses animations périphériques n’en ponctuent pas moins l’événement. Le 4, jour de vernissage, une rencontre avec les artistes s’agrémente d’un duo de Dantzaz Konpainia et d’une improvisation au piano d’Elodie Baffalio, installée au Soko Casino. Le lendemain, de 19 à 22h30, place aux “Impromptus” au même endroit. Le dimanche 6, après une visite guidée le matin, un quizz culturel intergénérationnel investit le Kiosque Mendi Zolan. Merccredi 9, de 15 à 17h00, les enfants découvriront l’art en famille. Visite guidée le 11 novembre pour une légère pause des animations qui reprennent de plus belle le 12 avec, à 16h00, une prestation de Laure Molier au chant et de David Doren au saxo. A 17h30, Nagore Legarreta et son groupe imagineront une improvisation en euskara. Le lendemain à 17h30, nouvelle rencontre avec les artistes en présence du duo “Les Peishirocs d’Aucheths”, tout en chants et poésies.

Arcad se donne décidément tous les moyens de tenir bon la barre de son vaisseau amiral malgré les tempêtes.

Pour toutes informations sur les réservations, dates et horaires: www.arcad64.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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