Festivals

Published on septembre 3rd, 2017 | by MagMozaik

0

Aimer à en perdre la raison…de danser? Au contraire!

La passion avant tout, la passion absolue, la passion sublimée par la virtuosité et souvent la douleur qu’impose une discipline exigeante, martyrisante, telle pourrait se concevoir et se vivre la danse, tous styles confondus, du néo-classique à l’urbain. Un art d’une richesse et d’une intensité flamboyante rares dont le festival « Le Temps d’Aimer la Danse » nous ouvre, depuis 27 ans, les portes secrètes sur des univers ciselés en forme de diamants purs, à travers tous ces talents confirmés ou en devenir, des chorégraphes aux danseurs en passant par tous ces musiciens, scénographes, ingénieurs du son ou de la lumière, accessoiristes, décorateurs et autres costumiers qui sculptent tout en élégances et créativités d’innombrables compagnies.

Du 8 au 17 septembre, Thierry Malandain relève avec toujours autant de brio, ce fabuleux défi de faire découvrir la danse, cet incroyable nébuleuse riche d’une pluralité de genres, nous entrainant souvent vers ces chemins de traverse inédits, parfois dérangeants, où dénicher les perles rares de demain. Car ce festival, tant apprécié des biarrots et à l’aura internationale c’est avant tout cela: Indiquer les traces, les tendances à venir d’un art en constante et rapide évolution, et qui s’ancre dans une multitudes de cultures mondiales, ethniques, parfois tribales ou urbaines, apprivoisées en nouveaux langages aux envolées de mots, de grammaires et de syntaxes qui se réinventent tous les jours quand les corps de font plumes glissant sur les feuilles de papier en tréteaux au gré de l’encre des chorégraphes. Si la formule a pris depuis longtemps son rythme de croisière efficace, la programmation suit, d’année en année, une infinité de variations, comme des partitions toujours uniques qui prendraient le pouls de l’air du temps, si éphémère et prémonitoire à la fois. Evidemment, bien des têtes d’affiche ponctuent le festival (en ouverture et clôture) ,  mais c’est pour mieux drainer un public curieux et affamé de gestuelles sensibles vers des horizons inconnus, insolites, en friche même pour certains. Un festival qui suscite les passions, les élans fusionnels mais aussi les polémiques souvent, signes de belle vitalité d’un art, quel qu’il soit, car rien n’avance sans un brin d’impertinence ou d’un iconoclasme qui deviendra classique dans quelques années, comme le furent naguère le duo Stravinski/Nijinski ou plus récemment un Béjart, un Forsythe, ou le hip hop revisité pour ne citer qu’eux. Un festival qui, depuis bien des années, révèle des compagnies nouvelles et les propulse sur les scènes internationales à travers ce tremplin unique, avec un suivi pour certaines, telle Dantzaz Konpainia ou plus récemment Illicite, dont le coup de foudre local n’échappera à personne. Un festival qui se complète, à l’année, de multiples actions menées par le Malandain Ballet Biarritz. 

En ateliers, répétitions publiques, spectacles ou expositions, le festival investit toutes les magnifiques scènes et espaces publics de la ville, vibrant à l’unisson de visions inédites et de découvertes pluridisciplinaires. 10 jours où se conjuguent en une symphonie étonnante, toujours nouvelle chaque année, grandes compagnies internationales, danseurs prestigieux et jeunes regards impertinents de tous les coins du monde. 10 jours où le temps suspend son vol pour des tableaux vivants grandioses, turbulents, insolents ou décalés. 10 jours pour s’enivrer d’écritures chorégraphiques plurielles qui s’entrechoquent, s’affrontent, se laissent effleurer de nos regards et de tous nos sens en éveil. 10 jours qui tissent une fragile et délicate toile à travers la ville, en impromptus et spectacles multiples. Gare du Midi, grand Studio Gare du Midi, Colisée, Casino Municipal, Port Vieux, Place Bellevue, esplanades du Phare et du casino, Halles de Biarritz, Grande Plage, Port des Pêcheurs, Jardin Public, Médiathèque, Plaza Berri, parvis du Casino ou Serres de la Milady, autant de lieux où pétrir, en une incroyable alchimie, cette 27ème édition 2017 colorée, diversifiée, éclectique et où faire s’embraser talents confirmés ou en devenir devant un public très fidèles aux rendez-vous désormais réguliers du festival, tel le Concours (Re)connaissance destiné aux compagnies émergentes. Entre chrysalides prêtes à éclore et papillons somptueux, difficile de détailler ici l’ensemble du programme qui fait, comme toujours, la part belle aux valeurs sûres mais aussi aux créations étonnantes qui parlent racines (Cie Eco/Emilio Calcagno), de la Sicile à la Colombie, explorations d’avant-garde, musiques rock entre Who, Rolling Stones et Dylan ou Iggy Pop (Cie Jean-Claude Gallotta), miroirs du métier de danseur, lectures multiples de pièces de répertoire et tant d’autres approches. Difficile aussi de détailler toutes les conférences déclinées à l’auditorium de la Médiathèque sur quelques chorégraphes mythiques ou expériences chorégraphiques relatées en documentaires, de Merce Cunnigham à la danse dans le cinéma. Une petite insolence créative nouvelle néanmoins à ne pas rater le dimanche 17: La Banako Battle qui fera s’affronter 5 groupes en variations de Capoiera sur des rythmes de Zortziko. Un défi commenté par les bertsulari Sustrai Polina et Odei Barroso.

Côté expositions, 2 regards subtils, incandescents, subversifs et croisés entre Serres de la Milady et Colisée, à travers 4 artistes qui se posent, l’espace de quelques oeuvres, sur les corps magnifiés, écartelés, de danseurs et danseuses. Aux Serres, Laurence de Vellou, Chantal Requichot-Zeller et Véronique d’Arcangues, proposent, le temps éphémère et fulgurant du festival, dessins, peintures et sculptures, saisissant au vol, en croquis et paraboles épurées, toute la gestuelle hurlante de danses plurielles en belles musicalité de formes élégantes. L’occasion, le 7 septembre, pour Fabio Lopez et sa toute jeune Compagnie Illicite, en guise de vernissage et de lancement du festival,  de présenter se nouvelle création »Terra », que les intempéries récentes avaient empêché de découvrir sur les tréteaux de la Cité de l’Océan en août dernier. Un chorégraphe lumineux dont on suit, depuis son envolée en solitaire, l’irrésistible ascension, sous l’aile bienveillante de multiples esthètes avisés dont Thierry Malandain, la ville de Bayonne et la Caisse des Dépôts et Consignations. Au Colisée, autre univers plus réaliste et iconoclaste sous le regard de la photographe Lise Lacombe qui explore, en underground, le réseau souterrain des dissidents. Deux approches a priori antagonistes, d’ombres et de lumières mais qui donnent, en filigrane, à réfléchir sur les coulisses d’un art tout en douleurs et cruautés parfois avant d’atteindre les feux de la rampe et quelque chose de l’ordre du sublime.

Un festival désormais bien inscrit dans les gènes de la ville, d’envergure internationale et qui s’annonce très prometteur, encore une fois, en termes de découvertes insensées et de concentration inégalée de talents rares, issus d’innombrables scènes internationales majeures. Attention! Prendre le temps d’aimer la danse est contagieux!!! Aucun autre remède que d’aller l’aimer justement!

Pour toutes informations sur la programmation, les dates, horaires et tarifs, www.letempsdaimer.com. Formules festival: 2 spectacles 44 euros, 4 spectacles 72 euros, 6 spectacles 90 euros et 10 spectacles 140 euros. Spectacles de plein air, répétitions, conférences  et expositions gratuits

Catherine CLERC, mamozaik64200@gmail.com

This Post Has Been Viewed 49 Times


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑
  • Rejoignez-nous sur Facebook

  • Catalogue art/culture

  • L’annuaire Mozaik 2017

    L’annuaire Mozaik 2017
  • Panier