Coups de coeur

Published on octobre 11th, 2017 | by MagMozaik

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20 000 lieues au delà des rêves

Et si nous embarquions au pays fantastique d’un Jules Verne revu et corrigé en une scénographie fabuleuse de lumières, d’effets spéciaux, de marionnettes et de fantaisies par la Comédie Française, en escale du Nautilus sur Bayonne? Le capitaine Némo, à bord de son fantasmagorique et ingénieux vaisseau chargé d’une vie indéfinissable,  nous rend une petite visite à savourer en une féérie fantasque à fleur d’émotion et de poésie qui nous replonge dans nos univers d’enfants. Petite balade au coeur de nos rêves du 11 au 13 octobre, 20h30.

Un univers à la Caro et jeunet, voilà comment déambuler dans un monde où l’expérience scientifique rivalise avec un imaginaire peuplé de méduses lumineuses, de poulpes géants ou d’improbables poissons antédiluviens dont on sait, chose fantasque et irréelle, qu’ils existent vraiment grâce aux explorations dans les profondeurs abyssales des océans! Visionnaire, Jules Verne, ou simple rêveur à l’imagination fertile? Voire! Par cette magie moderne qu’autorisent les effets spéciaux, Christian Hecq et Valérie Lesort nous entrainent dans une sillage maritime peuplé de monstres extraordinaires, de beautés fulgurantes des grandes profondeurs, au fil flamboyant des mots d’une oeuvre où tout s’invente d’océans que nous ne savons même pas encore aujourd’hui décoder et surprendre de nos connaissances si infimes, si dérisoires!! Et si l’impensable existait? Et si la réalité dépassait nos imaginations les plus folles, les plus scientifiquement extrapolées? Et si Jules Verne, cet étrange et dérangeant visionnaire l’emportait en ses oeuvres dont on admet aujourd’hui la portée prémonitoire? Un brin de poésie en plus, une belle rasade de talents d’acteurs, un soupçon subtil d’effets spéciaux, de marionnettes, de décors ou de costumes extravagants et une belle vague tumultueuse d’enfants et d’adultes prêts à s’abandonner en ce spectacle émouvant, voilà de quoi se nourrit ce petit et incandescent moment de bonheur pur au théâtre de Bayonne. Le professeur Aronnax, le harponneur Ned Land et Nemo, entre autres, vous y attendent pour un joli voyage hors du temps.

Mais au delà de l’histoire très novatrice et moderne en ce XXème siècle naissant de Jules Verne, la surprise immense, en forme de bourrasque vivifiante et tonique, surgit d’une mise en scène et d’une scénographie hallucinantes d’inventivité, de fraicheur et de poésie onirique qui doivent beaucoup aux décors baroques, aux lumières, aux sons et aux marionnettistes/acteurs d’excellence qui soufflent en nos mémoires d’enfants un vent d’imagination savoureuse, qui distille en un public émerveillé, des bribes de rêves fantasmagoriques. Derrière un hublot de verre, se vivent les profondeurs d’océan parcourus en 20 000 lieues où dansent les méduses phosphorescentes, les poissons taquins ou curieux qu’un simple visage suffit à effaroucher. Derrière se hublot se profilent les pires dangers tel ce poulpe géant qui finit par faire intrusion sur la scène, ingénieusement truffée d’écoutilles et d’un ascenseur d’un modernité insensée, à la fois poste de contrôle du sous-marin et source de toutes les observations d’un capitaine résolument décidé à fuir une civilisation meurtrière et destructrice. Les personnages, bien trempés et typés, s’en donnent à coeur joie avec jubilation, entre des intrus enfermés dans leurs langues codifiées et cet équipage dont on ne voit que deux éléments essentiels qui se sont inventé un langage universel, si doux, subtil et coloré à la fois. Les lumières? Adaptées aux situations! Vives pour les séances où la connaissance reprend ses droits, diaphane et en demi teintes lorsque les profondeurs abyssales engloutissent monde de la surface bien dérisoire, en ce sous-marin où tout devient souvent cocasse, absurde, où les habitudes d’en haut prêtent, en bas, à rire dans leur inutilité, tel ce harponneur qui ne sert plus de rien en cet univers qui lui échappe totalement! Une magnifique fantaisie taillée sur mesure pour les enfants dont le monde adulte n’a pas encore brisé l’innocence pure et pour nous qui, l’espace d’un instant, avons refusé de grandir!! Un rare bonheur impeccablement servi par une scénographie tissée au cordeau par Valérie Lesort et Christian Hecq mais aussi par les acteurs virtuoses en diable de la Comédie Française, et en même temps marionnettistes tour à tour! excusez du peu!! Il vous reste deux soirs pour vivre un tourbillon d’émotions à bord du Nautilus! Une belle ovation finale récompense cet exceptionnel petit trésor d’inventivité déniché par la Scène Nationale, avec debout, applaudissant à tout rompre, Yves Ugalde dont on a largement partagé l’enthousiasme, debout nous aussi!!

Pour toutes infos:

www.scenenationale.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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